La médiatrice Sandy Grenier et le directeur d'Équijustice en Estrie, Pierre Marcoux.

Équijustice entend poursuivre son travail

SHERBROOKE - Équijustice souhaite poursuivre son travail pour continuer à être l'une des voies utilisées dans la modernisation du système de justice au Québec.

«Les acteurs du système de justice nous voient et nous contactent. Nous sentons qu'il y a un timing. Ce que nous proposons depuis plus de 30 ans fait maintenant sa place. La société est rendue-là», affirme le directeur d'Équijustice en Estrie, Pierre Marcoux.

Le programme de mesures de rechange général (PMRG) utilisé à la Cour du Québec dans le district judiciaire de Saint-François a été étendu en novembre à ceux de Bedford et de Lac-Mégantic.

Le projet-pilote, inspiré de ce qui se fait depuis le début des années 2000 dans le cadre de la Loi sur le système de justice pénale pour adolescents (LSJPA), a traité jusqu'à maintenant 91 demandes depuis sa mise en place en septembre 2017.

Le PMRG s'applique aux infractions criminelles passibles de peines maximales de moins de cinq ans d'emprisonnement et qui ne comportent aucune peine minimale.

Les demandes aux quatre unités de médiation citoyenne sont en augmentation constante.

Des services en médiation citoyenne sont établis à Sherbrooke, dans les MRC de Memphrémagog et de Coaticook de même qu'à la Fédération des coopératives d'habitation.

«Nous avons dépassé les demandes. Les gens nous connaissent plus et mieux. Nous avons développé un travail d'équipe avec la division de sécurité des milieux du Service de police de Sherbrooke. Nous arrivons avec une approche différente où les conflits peuvent être résolus autrement que par la plainte aux policiers ou la judiciarisation», signale la médiatrice Sandy Grenier.

«L'objectif demeure d'offrir le service de médiation dans chacune des MRC. La médiation citoyenne ne cesse d'évoluer positivement. Si au départ, on était orienté vers les conflits de voisinage, nous aidons maintenant les gens dans toutes les sphères. Il n'y a que les conflits en matière familiale que nous ne pouvons pas toucher», ajoute Pierre Marcoux.

Deux médiatrices sont maintenant accréditées pour intervenir dans le cadre de violence conjugale ou sexuelle.

«Par le passé, ces conflits étaient systématiquement judiciarisés. Dans l'accompagnement d'une victime, l'approche de médiation est maintenant offerte. Certaines personnes souhaitent vivre ce cheminement de manière privée dans un dialogue pour dire et reconnaitre ce qu'elles vivent. C'est un accompagnement sécuritaire des personnes qui vivent ce cheminement de manière autonome. Nous avons des médiateurs formés en ce sens qui travaillent avec les organismes spécialisés. Nous offrons aussi un service de médiation concernant la maltraitance envers les aînés. Chaque victime a ses propres démarches et le traitement d'un conflit n'est pas le même pour chaque personne», indique le directeur d'Équijustice en Estrie.

«L'adhésion à une démarche de médiation demeure volontaire. Toutes les options restent ouvertes. Il y a un respect de l'autonomie des personnes. Nous n'avons pas de délai dans la gestion des dossiers avec un plan d'intervention avec des dates», ajoute Sandy Grenier.

Pierre Marcoux est convaincu que les services offerts par le réseau de justice réparatrice et de médiation citoyenne vont continuer de croître.

«Le nouveau code de procédure civile puis l'arrêt Jordan (NDLR Décision de la Cour suprême qui fixe les délais déraisonnables pour le traitement d'une cause criminelle) au criminel sont de nouveaux paramètres de la justice. Nous travaillons dans ce sens de modernisation de la justice. Les avocats civils de l'aide juridique vont s'ajouter à cette sensibilisation de ce que nous faisons. Les maillages se font de plus en plus. Il y a beaucoup d'ouverture pour ce que l'on fait», soutient Pierre Marcoux.