Entente au CN: minuit moins une pour plusieurs agriculteurs

Il était minuit moins une pour plusieurs producteurs agricoles de la région quand une entente est intervenue mardi avant-midi entre le syndicat des cheminots de la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada (CN) et la partie patronale.

Selon François Bourassa, président de l’Union des producteurs agricoles (UPA) de l’Estrie, le temps pressait de plus en plus pour qu’on mette fin au conflit. «C’est un dénouement souhaité et souhaitable», lance-t-il lorsque joint en après-midi.

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«C’est une bonne nouvelle. Pas juste pour le secteur agricole. Mais pour l’ensemble des secteurs économiques au Canada. On peut dire que ce syndicat avait un excellent rapport de force pour faire bouger les choses.»

Au terme d’une semaine de grève ayant donné des maux de tête à plusieurs industries en plus de provoquer un rationnement de propane au Québec, une entente de principe est intervenue mardi pour mettre fin au débrayage des quelque 3200 cheminots du CN.

Le propane est nécessaire pour de nombreux agriculteurs. Alors que les producteurs céréaliers ont besoin de ce gaz pour faire sécher leurs récoltes et vendre leurs grains, des éleveurs s’en servent pour chauffer, par exemple, des poulaillers, ajoute M. Bourassa.

«C’est beaucoup d’inconvénients pour les producteurs de maïs-grain. mais s’il avait fait plus froid et que si la grève avait duré quelques jours de plus, bien d’autres producteurs auraient été aussi dans le trouble. Des poussins, des veaux de lait et des porcheries de maternité, ça n’endure pas  le froid. Ce sont des productions qui ont besoin de chaleur.»

François Bourassa

En raison du débrayage, les livraisons ont plutôt été acheminées vers des établissements comme des hôpitaux et des résidences pour personnes âgées. La consommation quotidienne avait été plafonnée à 2,5 millions de litres, par rapport aux 6,0 millions de litres habituellement nécessaires. Le CN affirmait ne fonctionner qu’à 10 pour cent de ses capacités.

Mais même si les activités de la plus importante compagnie ferroviaire au pays devraient reprendre dès mercredi, de nombreux agriculteurs québécois risquent de continuer à ressentir les effets du conflit de travail. 

«Ça va prendre encore quelques jours avant que ça revienne à la normale», dit François Bourassa.

«Certains comme les conservateurs trouvaient que le gouvernement fédéral auraient plus être plus actif pour faire avancer le dossier, mais  le règlement qu’on a aujourd’hui vaut mieux qu’une loi spéciale.»