Les travaux visant à refaire les rues Véronique, des Sables, Tomy et Mont-Girard Sud, à Saint-Denis-de-Brompton, sont compromis puisque l’emprunt de 5,1 M$ a été bloqué par les citoyens.

Emprunt bloqué à St-Denis: le maire «plus inquiet que déçu»

Bloqué dans son projet d’emprunter 5,1 millions $ pour refaire quatre rues, le maire de Saint-Denis-de-Brompton se dit inquiet pour la sécurité des citoyens qui y résident.

« Je suis plus inquiet que déçu », a réagi Jean-Luc Beauchemin mercredi, alors que 379 Saint-Denisiens ont signé un registre, la veille, pour forcer le conseil municipal à annuler cet emprunt ou à le soumettre à un référendum.

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« Le printemps s’en vient et quand un véhicule s’enlise à l’essieu sur la rue Véronique, je ne vois pas comment un véhicule d’urgence pourrait y passer. »

Cet emprunt de 5,1 M$ devait servir à reconstruire 4,6 km des rues Véronique, des Sables, Tomy et Mont-Girard Sud pour régler définitivement les problèmes importants d’enlisement qu’on y rencontre à chaque dégel.

Or des citoyens ont estimé que la dépense est trop importante, surtout que plusieurs encaissent cette année une hausse de leur compte de taxes de plus de 10 %.

« Ce ne sont pas les réparations le problème, ce n’est pas les services d’urgence, c’est vraiment le compte de taxes qui ne passent pas. Les gens ne veulent pas payer. Je les comprends, ajoute le maire Beauchemin, ce n’est jamais plaisant de payer des taxes, mais la hausse pour l’emprunt de 5 M$, c’est à peu près l’équivalent d’une soirée au resto. »

Le maire Jean-Luc Beauchemin

Le conseil municipal devra maintenant décider s’il va en référendum. « Je ne peux pas parler pour le conseil, mais avec 379 signatures, je ne pense pas qu’on va y aller, dit M. Beauchemin. C’est une procédure coûteuse et les chiffres parlent d’eux-mêmes. »


«  C’est sûr qu’il faut trouver une solution, mais laquelle? On va couper où?  »
Jean-Luc Beauchemin

Ces chiffres, détaille-t-il, ce sont 213 citoyens qui ont droit de vote sur les quatre rues touchées par les travaux (Véronique, des Sables, Tomy et Mont-Girard Sud), alors qu’il fallait 224 signatures au registre pour forcer la tenue d’un référendum et que 379 citoyens se sont exprimés mardi.

De plus, 268 d’entre eux ont également bloqué un deuxième emprunt, de 538 000 $ celui-là, qui devait servir à acquérir et à aménager un site pour les travaux publics de façon à ce que la Municipalité puisse entreposer des matériaux granulaires et éventuellement des véhicules et équipements pour réduire le recours à la sous-traitance.

Le maire Beauchemin est déçu que les citoyens n’aient pas compris que la Municipalité veut justement gérer en bon père de famille en réparant les rues pour de bon et en s’équipant pour pouvoir faire plus de travaux en régie dans les prochaines années.

Avec le conseil municipal, il devra maintenant trouver d’autres solutions pour assurer la sécurité des citoyens des rues à réparer. « C’est sûr qu’il faut trouver une solution, mais laquelle? On va couper où? »

« On se prépare »

Satisfait de voir que les Saint-Denisiens sont nombreux à questionner les dépenses de la Municipalité, un des opposants à l’emprunt, Pierre Sasseville, a quelques idées à soumettre au conseil. Le regroupement des citoyens engagés, dont il fait partie, entend d’abord voir s’il y aura référendum avant de s’exprimer. « On se prépare si jamais la Ville veut aller en référendum. On ne tient rien pour acquis », dit-il.

« On n’est pas contre la réfection des rues, ajoute le citoyen, on pense juste que ça pourrait être fait autrement. Quand on gère l’argent des autres, il faut être transparent et faire encore plus attention. On ne peut pas juste hausser les taxes pour payer la facture. »