La marche silencieuse baptisée Marche des porteurs de lumières, jeudi soir, inaugurait la véritable commémoration du 5e anniversaire de la tragédie de Lac-Mégantic. Environ 250 personnes ont participé à cette marche, en portant lampions ou étoiles illuminées, et se sont rendues au cimetière paroissial, rue Laval, en haut de la ville.

Émotion et recueillement à la marche silencieuse à Lac-Mégantic

Elle a été baptisée Marche des porteurs de lumières, cette marche silencieuse qui inaugurait officiellement la commémoration, marquait le respect par le silence et rendait ainsi un hommage aux 47 victimes de la tragédie de Lac-Mégantic, cinq ans après les événements de juillet 2013.

Porteurs de lumières, c’est le thème qu’a élaboré l’ex-curé de Lac-Mégantic, Steve Lemay, venu se recueillir avec ses fidèles paroissiens du temps de la tragédie, lui qui a frappé l’imaginaire collectif de tout le Québec, il y a cinq ans, par ses qualités de pasteur, son calme, son sang-froid même et son charisme. « Je vous remercie de me donner le privilège de venir me recueillir avec vous ce soir », a-t-il commencé.

Car avant que la marche se mette en branle, vers 10 h finalement alors qu’elle était prévue à 9 h 30, l’abbé Lemay a animé un moment de recueillement à l’église, dans la pénombre, sans de lumière éclatante.

« L’existence humaine est parsemée d’ombres… et de lumières », a-t-il déclaré. « Certaines expériences sont tellement sombres et ténébreuses, cela devient difficile de marcher dans le noir… Comme on ne veut pas rester immobiles, on cherche la lumière. La source de lumière la plus fiable n’est pas à l’extérieur, c’est celle qui est en nous, à l’intérieur, c’est la puissance infinie de l’amour (…). La lumière fait son chemin en nous. C’est par nous, dans le monde, qu’elle parvient à illuminer. Nous devenons des porteurs de lumières. »

« Cette église a été témoin d’une communauté qui s’est tenue debout. C’est symbolique que nous commencions notre marche ici, à l’église. »

Une pièce de violon a été jouée par une jeune Méganticoise, Audrey Laframboise. « Avant de se mettre en marche, je vous invite à quelques minutes d’intériorité, supportées par la musique… » Les notes du violon, parfois claires, parfois basses, se sont promenées dans la nef, alors que l’émotion était palpable. Le curé Lemay a par la suite invité les gens à allumer leurs lampions, reçus au préalable, et leurs étoiles pour entamer la marche.

« Allons partager notre lumière dans la ville et rendons-nous au monument de l’ange pour rendre hommage et respect par notre silence, à ceux qui nous ont quittés, il y a cinq ans », a proposé Steve Lemay.

Environ 250 personnes ont ainsi marché en silence sur le trottoir de la rue Laval, pour monter jusqu’au cimetière paroissial, où une brève liturgie de la parole, livrée par le curé Lemay, a pris place au monument de l’ange.