Le directeur par intérim Denis Gélinas a su expliquer le projet d’agrandissement et la mission de Valoris avec brio aux citoyens qui s’étaient déplacés au centre de tri samedi matin, sans toutefois répondre aux inquiétudes de tous.

Échange cordial entre Valoris et les citoyens

Les citoyens préoccupés par le projet d’agrandissement de Valoris sont restés sur leur faim et devront patienter avant d’obtenir des réponses à leurs questions d’ordre économique et environnemental. Les dirigeants du centre de tri ont préféré utiliser ce deuxième échange pour expliquer en détail le projet d’agrandissement ainsi que leur mission globale.

L’ambiance était détendue dans les bureaux de Valoris samedi matin à l’occasion de la deuxième discussion entre les citoyens des municipalités avoisinantes et la direction. Les membres de cette dernière ont tenu à expliquer leur mission, la démarche environnementale stricte qu’ils doivent suivre ainsi que le projet d’agrandissement en profondeur. Rappelons que le premier dialogue entre les deux partis le 6 février dernier avait été très houleux.

«Le premier bloc de travail aujourd’hui était d’expliquer ce qu’est Valoris, son rôle et la mission qui la guide. Nous avons présenté aux citoyens l’histoire de l’enfouissement sur le site depuis 2009 jusqu’à aujourd’hui, et ce que l’on envisage de faire dans 20, 30, 40 ans. Nous aimerions ne pas avoir à enfouir des déchets, mais la réalité du moment nous l’impose», a souligné d’emblée le directeur général par intérim Denis Gélinas.

Bien que les explications fournies par les dirigeants ont éclairci plusieurs réflexions qu’entretenait la population quant à l’ampleur du projet ainsi que sa nécessité, des questionnements portant sur les retombées concrètes pour Bury et les gens habitant en périphérie du centre de tri demeurent toujours sans réponse, du moins pour le moment.

«On aimerait savoir qu’est ce qu’on retire concrètement des opérations de Valoris dans notre village. Est-ce que les citoyens vont obtenir des compensations financières ou des baisses de taxes pour les odeurs désagréables et la dégradation de la vue qui vont faire inévitablement baisser la valeur des propriétés? Est-ce que la municipalité touche des redevances de leurs opérations sur son territoire? On a bien hâte d’avoir la réponse à ces questions», a exprimé Bernard Bourgeois, qui habite en périphérie du centre de tri à Bury.

«Cet aspect sera expliqué comme il faut lorsque le volet économique sera abordé à l’atelier prévu à cet effet au mois de juin», a répondu M. Gélinas. «La question est très légitime et les gens veulent savoir s’il y aura un impact pour leur communauté. Je peux dire qu’il y aura des éléments qui vont être adressés aux gens qui habitent les environs, particulièrement ceux de Bury, et on verra s’ils seront satisfaits ou non. Nous avons fait des apports concluants à la municipalité depuis l’ouverture, dont le pavage de la route 214 jusqu’à l’entrée du site, qui était en gravier auparavant.»

La sensibilisation, clé du succès

Même si les dirigeants comptent sur l’amélioration des lignes de tri pour diminuer le pourcentage de matières résiduelles destinées à l’enfouissement, l’éducation et la sensibilisation demeurent des parties intégrales de sa stratégie pour atteindre son objectif de revaloriser 70% des matières traitées au centre, élément qui a fait l’unanimité auprès des citoyens.

«Ce qu’on appelle l’ISÉ dans le langage de Recyc-Québec (I pour information, S pour sensibilisation et É pour éducation) est primordial à l’atteinte de nos résultats. Les gouvernements municipaux ont un rôle important à jouer dans l’explication aux citoyens des différents bacs qu’ils ont à leur disposition et comment ils doivent les utiliser. Nous sommes obligés de traiter et d’enfouir les déchets que nous recevons, donc il est important que les bacs soient bien utilisés», a expliqué M. Gélinas, en plus d’ajouter que des collectes de déchets spécifiques devraient être organisées dans les municipalités du Haut-Saint-François.

La question du recyclage et du compostage des commerces a aussi été soulevée par un citoyen. Ce dernier a déploré le fait que certains centres d’achats et commerces de Sherbrooke envoient des matières recyclables et compostables directement à la poubelle, illustrant un double standard entre ce qui est attendu des particuliers et des entreprises.

«Il est désolant de constater que certains commerces, dont ceux de la Place Belvédère, n’ont pas accès à des bacs de recyclage pour disposer correctement de leurs résidus», a soulevé Carl Lajeunesse du groupe local de Greenpeace à Sherbrooke. «Si on veut effectivement réduire le taux de matières enfouies et augmenter le taux de matières revalorisées, les entreprises et les commerces doivent mettre la main à la pâte.»

«Depuis que les déchets existent, le rôle des municipalités a toujours été de gérer les matières résiduelles à caractère domestique», a répondu le directeur général par intérim. «Nous avons quand même dans notre bilan territorial à supporter leur bilan, qu’ils recyclent ou pas. Nous les encourageons à s’en occuper volontairement, mais ils ont les mêmes obligations que les citoyens : d’atteindre certains niveaux de valorisation. Nous ne voulons pas prendre leur pain, mais nous voulons nous assurer qu’ils font les mêmes efforts que les citoyens.»

Le prochain atelier, qui aura lieu le 6 avril, portera sur la qualité de l’eau ainsi que les effets sur la faune, la flore et les milieux humides. Le calendrier des activités et les actualités liées au projet sont partagés sur le site Internet www.letvaloris.com.