Habitant à proximité de la plage des Cantons, le citoyen Alain Albert a tenté de démontrer que le projet Divertigo, tel que présenté, ne serait pas rentable.

Divertigo à Magog: des élus se vident le coeur

Le sort du projet de parc d'hébertisme aérien Divertigo reste en suspens. Le conseil municipal de Magog avait promis de statuer lors de son assemblée du 6 mars, mais la mairesse Vicki-May Hamm a finalement annoncé le report de la décision. Les élus veulent consulter la population avant de se prononcer de manière définitive.
Le projet Divertigo a de nouveau été au coeur des discussions à la fin de l'assemblée du conseil municipal de lundi soir, plus précisément pendant la période des questions ainsi qu'à l'occasion du tour de table des élus.
Le projet Divertigo a de nouveau été au coeur des discussions à la fin de l'assemblée du conseil municipal de lundi soir, plus précisément pendant la période des questions ainsi qu'à l'occasion du tour de table des élus. La Coalition pour un développement harmonieux et respectueux de la plage des Cantons a continué à marteler son message, tandis que quelques élus ont fait part de leur impatience.
Pour signifier clairement ses intentions, le conseil municipal a abrogé une résolution qui donnait le feu vert à la signature d'un bail avec le promoteur du projet de parc d'hébertisme aérien, Marco Patry.
Cette résolution a reçu l'appui d'une majorité d'élus. Mais les conseillers Yvon Lamontagne, Steve Robert et Pierre Côté ont fait connaître leur opposition.
Le conseiller Pierre Côté a profité de l'occasion qui lui était offerte pour se défouler en parlant du projet et de la Coalition pour un développement harmonieux et respectueux de la plage des Cantons, dont les interventions lui ont de toute évidence déplu.
« Je suis fier du conseil que nous avons à Magog, a d'abord lancé M. Côté. Mais on ne se sent plus chez nous ici. Il y a déjà eu des tournois de balle sur cette plage et plein d'autres activités. Vous vous êtes établis près d'un parc récréotouristique et c'était votre choix. Moi, je suis près d'une école et j'accepte qu'on entende les enfants s'amuser. »
M. Côté a également affirmé qu'on trouve peu d'activités s'adressant aux adolescents à Magog, ce à quoi le projet Divertigo pourrait en partie remédier s'il est accepté.
Son collègue Yvon Lamontagne s'est également permis un commentaire à l'encontre de la jeune coalition. « Je considère que ce dossier a pris des proportions démesurées et pas normales, a-t-il déclaré. Je n'accepterai jamais de me sentir forcé de prendre une décision. »
M. Lamontagne a également fait valoir que la population du secteur d'Omerville avait accepté sans rechigner d'accueillir de nouveaux terrains de soccer près de chez elle il y a quelques années. « Ces terrains nous dérangent et éclairent les propriétés autour en soirée, mais je n'ai eu aucune plainte à leur sujet », a-t-il dit.
Pour sa part, le conseiller Jean-Guy Gingras a déploré avoir reçu des messages désagréables de la part de citoyens en lien avec le projet. « Je trouve disgracieux que des gens nous insultent et nous lancent des bêtises. On voit donc qu'il y a des radicaux qui s'expriment. Ils ont toujours raison, ces gens-là », a-t-il fait valoir.
Souhaitant que tous aient le droit de citer dans le débat qui fait rage, M. Gingras a néanmoins soutenu que « trop d'énergie a été dépensée pour le projet Divertigo. »
Des conseillers municipaux, dont Nathalie Pelletier, Robert Ranger et Nathalie Bélanger, ont par ailleurs pris soin de mentionner qu'ils avaient bien entendu le message de la coalition regroupant les opposants. « C'est sain de prendre du recul, a mentionné Mme Bélanger. Je pense que personne n'est contre Divertigo, mais il faut écouter les préoccupations des gens par rapport à l'endroit choisi pour sa concrétisation. »
Des dérapages
Vicki-May Hamm a quant à elle condamné les débordements observés depuis le début du dossier. « Des gens ont dépassé les bornes, notamment sur les réseaux sociaux. Il y a eu une forme d'intimidation. On a même reçu des enveloppes anonymes qui nous accusaient de corruption. On les a transmises à la police », a-t-elle expliqué.
La consultation concernant l'avenir de la plage des Cantons, où le projet serait réalisé, sera effectuée dans le cadre d'un exercice de consultation plus large au sujet des parcs du territoire magogois. Une rencontre cruciale aura lieu le 11 avril prochain.
Habitant à proximité de la plage des Cantons, Alain Albert a tenté de démontrer que le projet Divertigo, tel que présenté, ne serait pas rentable. Il a de plus encouragé la Ville de Magog à adopter une nouvelle approche avec la plage des Cantons. « On n'a aucune des 35 plus belles plages au Québec à Magog selon un classement. On ne sera pas mieux classé avec de l'hébertisme urbain », a-t-il prétendu.
Au terme de la soirée, un autre voisin du parc, Pierre Boucher, s'est montré soulagé que le conseil municipal ait choisi de réfléchir encore un peu au dossier.
« La plage des Cantons accueille une foule d'activités avec des enfants et elles sont habituellement bien contrôlées. Dans le cas qui nous intéresse aujourd'hui, on craint que Divertigo soit la porte d'entrée à la création d'un parc d'amusement, ce qui ferait perdre un bel espace de verdure à toute la population de Magog », a affirmé M. Boucher.