Les maisons du Domaine Chéribourg ont ceci de particulier qu’elles sont coiffées d’un toit orangé qui les distingue clairement des résidences se trouvant autour de ce quartier, à Orford.
Les maisons du Domaine Chéribourg ont ceci de particulier qu’elles sont coiffées d’un toit orangé qui les distingue clairement des résidences se trouvant autour de ce quartier, à Orford.

Deux visions s’affrontent au Chéribourg

Jean-François Gagnon
Jean-François Gagnon
La Tribune
Le visage du Domaine Chéribourg a bien changé depuis la création de ce quartier situé en plein cœur d’un des villages les plus dynamiques au plan touristique en Estrie. Voilà pourquoi un groupe de résidents de l’endroit souhaite que le Canton d’Orford modifie les règles en vigueur sur place en matière de location de résidence pour de courtes durées.

Christiane Carle et plusieurs autres résidents du Chéribourg ont fait circuler une pétition pour demander au Canton d’Orford de resserrer les règles relatives à la location à court terme à l’intérieur du quartier, qui forme une demi-lune autour de l’Hôtel Chéribourg.

« On a réussi à amasser 186 signatures en pleine période de canicule en été alors que plusieurs personnes avaient déjà quitté pour les vacances, fait valoir Mme Carle. On a commencé à se mobiliser pour obtenir une modification du zonage, il y a plusieurs mois de ça, parce qu’on savait qu’une révision des règlements d’urbanisme était en cours dans la municipalité. »

Selon cette résidente du Domaine Chéribourg, il y a régulièrement des gens qui se regroupent en nombre trop important dans de petits chalets loués pour de courtes durées à l’intérieur du quartier. Et on retrouverait parfois plusieurs tentes montées autour de résidences en location.

« On est dans une zone boisée avec des rues sinueuses. Ce n’est pas l’endroit pour les partys auxquels participe plein de monde. C’est certain que les règlements en vigueur en matière de nuisance et autres nous donnaient déjà la chance d’intervenir. Mais on était tannés d’avoir à faire des plaintes aux petites heures du matin ou de courir après des locateurs », dit-elle.

Mme Carle affirme dans la foulée que l’arrivée d’Airbnb dans le portrait, au Québec, a eu un impact sur le secteur de l’hébergement. « Disons que les choses ont changé avec cette nouvelle mode ces quatre ou cinq dernières années. »

Pas de décision

Maire suppléant au canton d’Orford, Richard Bousquet reconnaît qu’une « proposition » est sur la table pour donner satisfaction à la fois au groupe de Mme Carle et à ceux qui défendent la location à court terme pour tous au Chéribourg.

« Si on adopte la proposition, il n’y aura pas d’autres chalets qui pourront s’ajouter à ceux qui font présentement de la location court terme. Mais un droit acquis existera pour les propriétaires qui en effectuent actuellement. On a entendu les deux camps lors de notre consultation et on pense avoir trouvé un compromis », explique M. Bousquet.

Celui-ci insiste cependant sur un point : la décision finale n’a pas encore été adoptée. « Comme au sujet d’autres règlements, on est en cheminement dans le cadre de notre travail pour revoir en profondeur notre réglementation en matière d’urbanisme », précise-t-il.