Tommy Boucher s’était excusé lors des observations sur la peine en affirmant que cet événement était la « pire erreur faite dans sa vie ».

Deux ans moins un jour pour deux violents braquages de domicile

Déjà détenu, Tommy Boucher de Danville restera derrière les barreaux pour une période de deux ans moins un jour à la suite de graves agressions armées auprès de deux victimes lors d’autant de braquages de domicile.

Une peine de 30 mois a été imposée à Boucher, mercredi au palais de justice de Sherbrooke, par le juge Conrad Chapdelaine de la Cour du Québec.

La détention provisoire et la thérapie fermée ont été retranchées afin d’en arriver à la peine de prison provinciale.

« La vengeance et l’impulsivité vous ont poussé à poser des gestes aussi graves », signale le juge Chapdelaine dans sa décision.

Victime d’intimidation, de menaces et de voies de fait lors d’un party le 25 décembre 2017, Tommy Boucher a choisi de se faire justice lui-même après avoir été expulsé de la fête. Anthony Leclerc-Boisjoli s’est joint à lui lors de cette nuit où ils se sont introduits dans deux résidences pour assener des coups de bâton à deux personnes présentes au party.

Les deux accusés étaient intoxiqués lors des gestes.

Boucher et Leclerc-Boisjoli sont allés chez une première victime à l’endroit où avait eu lieu le party à Asbestos.

Ils y ont commis des voies de fait armées d’un tisonnier en frappant la victime notamment à la tête.

Vers 4 h lors de cette nuit du 26 décembre 2017, les deux jeunes hommes se sont introduits dans un autre domicile, cette fois sur le chemin Saint-Georges à Asbestos pendant que l’occupant dormait. Celui-ci était aussi présent au party, mais était retourné chez lui.

Les deux accusés ont pris un marteau avant de frapper l’homme. Boucher avait un bâton alors que Leclerc-Boisjoli avait un marteau. La victime a été séquestrée dans la salle de bain une vingtaine de minutes.

Séquelles importantes

Sa mère a témoigné des séquelles subies par son fils devant le tribunal.

La victime doit se rendre au centre de réadaptation et il n’a pas recommencé à travailler.

La victime a subi une fracture du crâne avec enfoncement où la membrane du cerveau a été déchirée. Il a gardé une certaine paralysie au visage. Cette victime a maintenant une plaque à la tête. Il a des pertes de sensibilité, des difficultés d’élocution et garde de la colère relativement aux répercussions permanentes de cette agression armée.

Le juge a signalé les conséquences dramatiques sur la vie cette victime.

« C’est sa mère qui a dû s’exprimer pour lui au tribunal. Vos gestes ont causé des conséquences désastreuses pour cette victime et sa famille », signale le juge Chapdelaine.

L’individu de 21 ans a aussi été condamné pour des accusations de conduite dangereuse de véhicule et conduite avec les capacités affaiblies

Le tribunal a retenu comme facteurs aggravants les gestes animés par la vengeance où l’accusé était le principal instigateur, l’utilisation d’une arme, que le délit représentait une certaine forme de préméditation, que les événements sont survenus lors de braquage de domicile et les conséquences pour les victimes.

Le jeune âge de l’accusé, son cheminement en thérapie et l’exécution des travaux compensatoires ont été retenus comme facteurs atténuants.

« Les objectifs de dénonciation et dissuasion doivent primer sans occulter celui de la réhabilitation », explique le juge Chapdelaine.

Tommy Boucher avait expliqué au tribunal avoir effectué une thérapie fermée pour ses problèmes de consommation de stupéfiants à la suite de ces gestes. Il a aussi effectué près de 300 heures de travaux compensatoires depuis le dépôt des accusations.

L’homme de 21 ans souhaite retourner aux études à Montréal. Il a déposé plusieurs lettres de recommandation au tribunal.

Il s’était excusé lors des observations sur la peine en affirmant que cet événement était la « pire erreur faite dans sa vie ».

Ces preuves de réhabilitation ont été tenues en compte par le juge dans l’imposition de la peine.

Une probation de trois ans a été imposée par le tribunal. Boucher ne pourra pas communiquer avec les victimes ou les membres de leurs familles.

L’avocat de la défense Me Patrick Fréchette demandait une peine de 18 mois de prison, alors que la procureure aux poursuites criminelles Me Maude Lambert réclamait quatre ans de pénitencier.

L’autre accusé dans cette affaire, Anthony Leclerc-Boisjoli connaîtra sa peine le 20 juin prochain.