Dette de Loisirs Cookshire : le mystère reste entier

L’organisme sans but lucratif Loisirs Cookshire inc., auparavant dirigé par l’actuelle mairesse Sylvie Lapointe, a accumulé des dettes totalisant 124 000 $. La Ville de Cookshire-Eaton, qui est le créancier principal, attend toujours 67 000 $.

En plus de devoir de l’argent, la nouvelle administration est toujours en quête de documents permettant de compléter les états financiers.

Mme Lapointe était présidente du conseil d’administration tout en siégeant à titre de conseillère municipale, ce qui est interdit selon les règlements généraux de l’OBNL. Elle a quitté la présidence de Loisirs Cookshire inc. à l’assemblée générale d’avril, mais est restée en poste jusqu’en juin pour terminer les contrats des spectacles. Elle a été remplacée par Josée Gauthier.

Des prêts d’équipements, entre autres, figurent dans une liste d’actifs. Cette liste est non valable, selon un membre du conseil d’administration de Loisirs Cookshire, Daniel Gosselin. « On ne peut rien faire avec cette liste-là. Actuellement, les actifs de la Maison Henry Pope figurent sur notre liste, mais on ne sait pas ce que c’est. Ce n’est pas clair. Il y a beaucoup de zones grises. C’est pourquoi ça nous prend les documents », explique-t-il.

Toujours selon M. Gosselin qui est aussi le conjoint de l’actuelle présidente du CA, d’autres documents n’ont jamais pu être consultés par le nouveau conseil d’administration. « On n’a rien de 2014, rien de 2015, et l’on n’a pas tous les documents de 2016 », se plaint-il, demandant au passage à Mme Lapointe de fournir ces papiers. Les documents manquants sont, entre autres, des factures et des contrats d’artistes. Ceux-ci servent à faire la vérification comptable complète.

En plus des papiers, M. Gosselin et Mme Gauthier aimeraient faire une réunion de travail spéciale avec les conseillers municipaux, la mairesse et toutes les personnes qui figurent sur les bilans de Loisirs Cookshire inc. « On aimerait savoir ce qu’on doit et à qui. Je me suis présenté à presque toutes les séances du conseil depuis juin. On n’a pas le choix de le faire, par souci de transparence », explique M. Gosselin.

D’autres documents, qui ont été demandés à maintes reprises, n’ont jamais été remis au nouveau conseil d’administration. Les papiers qui ont été remis ne sont pas toujours remplis. Certains chiffres sont manquants.

« Ce n’est pas juste nous qui demandons les papiers. La Ville de Cookshire-Eaton et une firme comptable les ont demandés pour une vérification complète comptable à plusieurs reprises », ajoute M. Gosselin.

D’autres demandes ont été faites par le nouveau conseil d’administration, qui n’a pas encore accès aux mots de passe pour le courriel et pour le compte Facebook de Loisirs Cookshire inc. « On n’a pas accès à notre boîte vocale ni à nos courriels. On ne peut pas répondre aux gens qui nous écrivent. Une chance qu’on est connus, on peut utiliser notre numéro de téléphone personnel », déplore Mme Gauthier.

L’ancien conseil confirme

L’ex-conseiller municipal Yvon Roy, lui, a décidé de raconter à La Tribune ce qu’il a vu de l’intérieur. « Quand on a eu la lettre qui disait qu’il manquait au-dessus de 100 000 $, je suis tombé en bas de ma chaise, se rappelle-t-il. Je ne pensais jamais que quelque chose comme ça pourrait survenir. Ce que j’ai appris, c’est qu’elle était en déficit avec ses spectacles. »

M. Roy a voulu éclaircir le tout, mais ça ne s’est pas concrétisé. « Je voulais fermer Loisirs Cookshire, affirme M. Roy. Le conseil a offert à Sylvie d’avoir un après-midi de travail spécial pour elle. On aurait fermé les portes et ce serait resté en famille. On aurait vu ce qu’il se passe. Je lui ai dit qu’il fallait qu’elle règle ça avant les élections.

« J’aimerais que le ministre des Affaires municipales se penche sur le dossier », réclame M. Roy, en plus de demander la démission de Sylvie Lapointe.

Mme Lapointe se défend

De son côté, Mme Lapointe dit ne rien avoir à se reprocher. « La Ville a tous les chiffres. Je n’ai pas à me justifier. J’ai appris là-dedans. Je n’étais pas seule : d’autres personnes étaient dans le comité. Il fallait que leur demande pour les documents de 2014 et 2015 soit passée au conseil municipal », a-t-elle exprimé lors d’une entrevue réalisée en octobre.

Pour ce qui est des dettes, Mme Lapointe dit ne pas être au courant. « Ah oui? Vous me l’apprenez », a-t-elle répondu durant la même entrevue. Yvon Roy affirme pourtant avoir proposé l’après-midi de travail au mois d’août.

Après la première assemblée du conseil municipal au mois de novembre, où la nouvelle mairesse s’est fait questionner par M. Gosselin, Mme Lapointe a répondu : « C’est un dossier qu’on va tenter de régler avec le nouveau conseil. On va le régler une fois pour toutes. On va tout établir les choses, déterminer ce qui s’est passé afin de résoudre le problème », a-t-elle affirmé, ajoutant que « ça s’est fait dans la plus grande transparence possible ».

Un incendie qui s’est déclaré dans la résidence de Mme Lapointe pourrait avoir détruit certains documents que Loisirs Cookshire inc. souhaite obtenir. « J’en ai (des papiers) et je n’en ai pas. Je n’ai pas demandé de passer au feu. Si j’ai des choses de 2014 et de 2015 que je peux ressortir de mon ordinateur, je vais le faire. Par contre pour l’année 2016, tout a été donné », assure-t-elle.

Mme Lapointe a été élue mairesse de Cookshire-Eaton lors de la dernière élection municipale, le 5 novembre dernier. Celle-ci n’a pas voulu livrer d’autres commentaires.