Le préfet de la MRC de Memphrémagog et président de la Fédération québécoise des municipalités Jacques Demers comprend et accepte l’annulation du règlement de Potton qui permettait la conduite de véhicules hors route (VHR) sur les routes de son territoire.

Désaveu de Potton : Demers ne conteste pas la décision

L’annulation du règlement concernant la conduite des véhicules hors route (VHR) sur le réseau routier, à Potton, constitue une décision que peut comprendre et accepter le président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), Jacques Demers.

« Il est tout de même question de sécurité publique dans le cas de Potton. On en a parlé à la FQM et ce qu’on constate, c’est qu’il n’y a pas d’autres municipalités qui auraient obtenu une ouverture aussi grande à la circulation des VHR sur les routes. On passait à un niveau supérieur à cet endroit », explique M. Demers, qui est aussi maire de Sainte-Catherine-de-Hatley et préfet de la MRC de Memphrémagog.

Cela dit, le président de la FQM soutient qu’il est normal et souhaitable que les VHR puissent rouler en bordure de certains chemins ou rues lorsqu’il s’agit simplement de traverser la voie publique pour ensuite se rendre jusqu’à un tronçon de sentier s’amorçant plus loin.

« Il y a des territoires ruraux où la venue, par des sentiers, de conducteurs de VHR représente des retombées économiques assez importantes. Il ne faudrait pas que le gouvernement du Québec nuise à ces secteurs. Permettre la circulation de ces véhicules au bord de la route, à des endroits précis, est une chose qui est parfois nécessaire et acceptable », affirme Jacques Demers.

Par ailleurs, M. Demers affirme qu’il est peut-être temps de réfléchir à l’aménagement de sentiers pour les quads, VTT et motocross à Potton. L’absence de sentier d’importance pour ce type de véhicule, dans cette municipalité, inciterait en effet leurs propriétaires à rouler sur la voie publique.

Toutefois, selon le maire de l’endroit, Jacques Marcoux, il serait fort difficile de rattacher Potton au réseau de sentiers de VHR qui existe au Québec. « Dans la Réserve des montagnes vertes, les VHR ne sont pas permis alors ça nous limite, sans compter que tous les terrains sont privés autour. Et puis il y a déjà eu un chemin de fer qui venait jusqu’ici, mais son tracé n’existe plus », fait-il valoir.

Dans la lettre qu’il a fait parvenir au Canton de Potton pour expliquer sa décision, le ministre des Transports, François Bonnardel, indique qu’il serait prêt à « examiner des alternatives » pour atténuer les impacts du désaveu qu’il a servi à la municipalité.

« Nous, on était convaincus de faire une bonne chose parce qu’on rendait légale une pratique illégale qui était assez répandue chez nous. Je vois bien mal quel genre d’alternative on pourrait trouver compte tenu de la situation dans laquelle on est, à partir du moment où les routes ne sont pas accessibles aux VHR », mentionne M. Marcoux.

Le conseiller municipal Bruno Côté souligne pour sa part que moins de 120 citoyens avaient demandé et obtenu des vignettes pour être autorisés à circuler avec leurs VHR sur les routes de la municipalité.

« On connaît la situation à Saint-Michel-des-Saints, où les gens du village et les visiteurs ont tous le droit de se promener avec ces véhicules sur une bonne partie du territoire. Je ne peux pas croire que nous on nous ferme la porte pour un si petit nombre de gens, surtout que tout allait bien avec notre règlement », lance M. Côté.