Une grande partie des opérations de la buanderie régionale du CIUSSS de l’Estrie-CHUS sont automatisées. Il faut cependant 33 employés pour tourner la buanderie quotidiennement.

Des milliers de sacs au recyclage à la buanderie du CIUSSS de l'Estrie

SHERBROOKE — Une nouvelle ensacheuse automatisée a été installée à la buanderie régionale du CIUSSS de l’Estrie-CHUS au printemps dernier. Quotidiennement, la buanderie utilise 1100 sacs de plastique pour ensacher les serviettes qui sont ainsi renvoyées dans les différents établissements du CIUSSS de l’Estrie.

Ces centaines de sacs de plastique à usage unique ont semé l’effroi chez certains employés. « Je trouve horrifiant de voir une telle conduite dans notre monde où le plastique a si mauvaise presse. Même si la récupération sur les différents sites était optimale, ça ne pardonne pas ce geste contraire à ce qui est considéré comme juste dans notre société actuelle. Quand on apprend que la Ville va enfouir plus de 800 tonnes d’articles récupérés, il faut voir que tout ce plastique a de bonnes chances de se ramasser en partie dans la nature », soutient une employée retraitée d’un CHSLD de Sherbrooke.

L’ensacheuse a pour rôle de remplir au poids des sacs de serviettes, débarbouillettes, serviettes à main ou serviette pour le bain. Avant que le nouvel appareil arrive à la buanderie régionale, l’ensachage était fait à la main par du personnel dans des sacs de nylon doté d’une corde, en haut, pour permettre de le serrer et fermer le sac.

Alors pourquoi avoir commandé ce nouvel équipement, sachant qu’elle nécessiterait l’utilisation en grande quantité de plastique à usage unique?

« Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, l’ensacheuse automatisée était une solution qui devait être utilisée. Les sacs de nylon qui nous revenaient devaient être lavés aussi et les cordes s’enroulaient autour des vêtements, ce qui causait bien des problèmes. Ça nous arrive à la maison s’il y a un cordon qui se détache d’un pantalon de jogging et qu’il s’enroule dans la machine ou dans des vêtements. Imaginez ça, mais à la taille de notre buanderie », soutient Josée Provencher, chef de service pour la buanderie régionale au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

L’ensacheuse prend 20 secondes pour faire un sac; le travail manuel nécessitait 1 minute 20 de travail. « Nous économisons 5000 heures travaillées par année », ajoute la chef de service.

L’utilisation des sacs de nylon avait d’autres coûts, comme le fait qu’ils s’usaient et devaient être jetés à la fin de leur vie utile, qu’il fallait aussi utiliser de l’eau et des détergents pour les nettoyer.

« Une buanderie ne peut pas fonctionner à empreinte écologique nulle », soutient Josée Provencher.

La direction de la buanderie ne souhaite pas que les sacs de plastique se retrouvent à la poubelle; c’est pourquoi elle a mis en place, dans les installations qui n’en avaient pas encore, des stations de recyclage.

« Les sacs sont en plastique blanc, un plastique qui est apprécié des recycleurs. Il est d’une qualité différente des sacs d’épicerie », ajoute-t-elle.

Au début, les employés des différents établissements de santé ont difficilement géré ce changement; certains refusaient de se déplacer jusqu’aux stations de recyclage et jetaient les sacs directement à la poubelle.

« Oui, je sais. Certaines personnes, au début, ont été réticentes. Elles n’étaient pas contentes, mais elles se sont adaptées. Aujourd’hui, on voit même de belles initiatives des gens sur le terrain. Par exemple, au lieu de prendre des sacs de plastique neuf pour mettre une culotte d’incontinence dedans afin d’éviter qu’il y ait des odeurs sur l’étage, des employés récupèrent ces sacs pour jeter les culottes d’incontinence », cite-t-elle en exemple.

Quand les vêtements sont souillés à l’hôpital ou dans les autres milieux de soins, que ce soient des jaquettes, draps, sarraus, champs stériles, rideaux ou les serviettes, ils reviennent à la buanderie dans deux types de support : des sacs en nylon ou des sacs en plastique. La différence? La façon dont les installations ont été construites au départ. « Il y a des limitations physiques aux installations, par exemple avec les chutes à linge qui nous limitent », soutient Mme Provencher.

« Pour l’hygiène et la salubrité, il y a des avantages importants à ce que les articles souillés reviennent dans des sacs de plastique », soutient-elle en précisant que ce plastique peut tout de même être recyclé.

La buanderie régionale reçoit 5 200 000 kg de linge de toute sorte: tout est lavé, trié, séché, ensaché ou plié avant d’être redistribué aux 23 clients de l’établissement, c’est-à-dire les installations comme l’Hôpital Fleurimont ou les CHSLD.

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1000 brassées de lavage par jour

La buanderie régionale du CIUSSS de l’Estrie-CHUS lave tous les jours 20 000 kg de serviettes, draps, sarraus, rideaux, jaquettes souillés dans pratiquement toutes les installations du CIUSSS. Pour faire autant de lavage avec un appareil domestique, il faudrait faire 1000 brassées de lavage chaque jour.

« Nous traitons beaucoup de linge. Annuellement, ça représente 5 200 000 kg de linge qu’on reçoit, qu’on lave, qu’on trie, qu’on sèche, qu’on ensache ou qu’on plie et qu’on redistribue selon les besoins de nos 23 clients », soutient Josée Provencher, chef de service pour la buanderie régionale au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Au sein du CIUSSS, seuls trois établissements n’utilisent pas la buanderie régionale, soit l’Hôpital de Granby, celui de Lac-Mégantic et le CHSLD de Weedon.

« Nous fonctionnons avec un parc de literie commun. Pour prendre un exemple, un patient hospitalisé à l’Hôpital de Magog pourrait dormir dans un drap et, s’il est transféré dans un hôpital de Sherbrooke, dormir dans les mêmes draps cinq jours plus tard », illustre Mme Provencher.

Les clients de la buanderie ont des besoins standards mais ils doivent faire face à des périodes de pointe comme ces jours-ci dans les salles d’urgence. « Nous avons suffisamment d’équipement pour faire face à des demandes urgentes ou supplémentaires », ajoute la chef de service.

Pour laver 1 kg de linge, il faut environ 10 litres d’eau. La buanderie utilise ainsi environ un million de litres d’eau par semaine.

« Il faut prendre en compte qu’on traite du linge extrêmement souillé », précise Josée Provencher.

De nombreuses étapes sont automatisées dans la buanderie; il en reste quelques-unes qui se font manuellement en raison de leur petit volume. « Pour les uniformes par exemple, nous avons une employée qui plie de 1000 à 1200 uniformes par jour! »

La buanderie régionale a été inaugurée en avril 2008. Avant, la buanderie se trouvait au sous-sol de l’Hôpital Fleurimont, là où on retrouve aujourd’hui la grande cafétéria.

« En raison des sèche-linge que nous utilisons, il y avait un risque d’incendie. Comme la buanderie était située en dessous de l’urgence et des blocs opératoires, ça présente représentait un risque pour la sécurité, alors il fallait vraiment que l’on puisse s’installer ailleurs », dit-elle.

La buanderie occupe un bâtiment isolé situé à quelques dizaines de mètres de l’Hôpital Fleurimont.

« C’est un travail d’usine dans un environnement de soins », image Mme Provencher en précisant qu’il faut 33 employés, quotidiennement, pour faire fonctionner la buanderie.