Le citoyen Jean-Claude Boutin, deuxième de la droite, se trouve à la tête d’un groupe de citoyens qui se mobilisent pour obtenir les 500 signatures nécessaires, lors de la tenue de registre de mercredi, pour contester un règlement d’emprunt de 685 500 $ de la Ville de Lac-Mégantic visant à améliorer un barrage qu’elle possède au lac aux Araignées, sur le territoire de Frontenac. Sur la photo, Carmen Labbé, Robert Bellefleur, Richard Poirier, Richard Théberge, Jean-Luc Boutin et Miroslav Chum.

Des citoyens s’organisent pour faire reculer Lac-Mégantic

Plusieurs citoyens seraient en faveur de signer le registre qui se tiendra ce mercredi 16 janvier dans le but de demander un référendum pour invalider le règlement d’emprunt de 685 500 $ proposé par Lac-Mégantic pour la réfection du barrage que la Ville possède à Frontenac, au lac des Araignées.

C’est ce que soutient Jean-Claude Boutin qui se trouve à la tête du mouvement de mobilisation, selon lui, qui entend réunir les 500 signatures nécessaires au registre pour arriver à ses fins.

Accompagné par une dizaine de citoyens de Lac-Mégantic qui l’appuient et forment, pour d’aucuns, un comité qui se trouve déjà à pied d’œuvre, il a avoué, en conférence de presse lundi matin, que le montant spécifié au règlement d’emprunt pouvait même augmenter.

« C’est notre argent, comme contribuables, qu’on veut investir ailleurs, soit à Frontenac, alors que nous avons beaucoup de problèmes ici, à Lac-Mégantic », a-t-il commencé. 

« Plusieurs de nos concitoyens ne savent même pas que la Ville possède ce barrage sur le territoire de Frontenac. Comme citoyens de Lac-Mégantic, nous sommes des gens responsables qui devons les informer et exprimer que nous ne sommes pas satisfaits, en signant le registre. On veut que la Ville refasse ses devoirs pour trouver une solution beaucoup moins coûteuse. Car l’enrochement du barrage suffit et n’est pas très coûteux. Recourir aux palplanches n’est pas nécessaire, madame la mairesse », a martelé M. Boutin.

Une rencontre est d’ailleurs prévue, mardi, entre la mairesse Julie Morin et l’ingénieur spécialiste des barrages par enrochement, Miroslav Chum. Ce dernier s’est offusqué de la situation actuelle en envoyant deux lettres au conseil municipal, au courant de la dernière année, lesquelles sont restées sans réponses. Il a œuvré à des barrages similaires à celui du lac aux Araignées, qui ont nécessité des investissements beaucoup moindres, malgré leurs dimensions plus grandes, assure-t-il.

« Nous demandons au conseil municipal d’être plus transparent, dans le futur, et de soumettre les projets à l’approbation des Méganticois avant de prendre des décisions, afin de sauver de l’argent », a aussi suggéré M. Boutin.

Lors de la période de questions qui a suivi, la légalité de l’achat du barrage par Lac-Mégantic chez sa voisine a été soulevée.

La suggestion de retarder la tenue de registre pour que Lac-Mégantic puisse réajuster le tir quant au règlement d’emprunt a également été proposée.

En entrevue à la suite de la conférence de presse des citoyens, la mairesse de Lac-Mégantic Julie Morin a écarté la possibilité de suspendre la tenue du registre, « car il s’agit de la voix des citoyens dans un processus démocratique. Il n’est pas question non plus de vouloir faire monter le niveau du lac aux Araignées, ce qui a été évoqué. Nous travaillons ce dossier avec la Municipalité de Frontenac », a-t-elle argumenté. « Un règlement d’emprunt, c’est comme une permission de dépenser. Nous aurons quand même le choix, par la suite, de dépenser moins si c’est possible. »

La Ville a aussi rappelé que l’une des administrations précédentes avait acquis le site archéologique situé sur les terres à Frontenac. « La Ville doit aujourd’hui répondre aux exigences du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDELCC) qui l’oblige à en faire la réfection. L’ouvrage réalisé en 1960 par enrochement n’est plus en mesure d’assurer le niveau optimal du lac aux Araignées, ce qui pourrait engendrer des conséquences sur la qualité de l’eau et la qualité de vie des riverains. »