Les billets à gratter sont à l’honneur pour la campagne des cartes de Noël du Collectif et du Comité régional estrien pour un Québec sans pauvreté. Devant, on retrouve Genevieve Bouchard, coordonnatrice d’Action Plus de Sherbrooke, et Claudia Fiore, agente de liaison du ROC. Derrière: Line Marcoux, de la Table d’action contre l’appauvrissement de l’Estrie et membre du Comite régional pour un Québec sans pauvreté, Sylvie Bonin, coordonnatrice à l’ACEF, et Virginie Larivière, porte parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté.

Des billets perdants à tout coup

Pour une cinquième année, le Comité régional estrien pour un Québec sans pauvreté a dévoilé ses nouvelles cartes postales qui parodient les billets à gratter de Loto-Québec, une initiative du Collectif pour un Québec sans pauvreté.

Les organismes invitent leurs membres et la population à prendre une carte postale, pour l’envoyer à leur député par la suite. Le choix de carte postale est grand : « Rien d’extra », « Roue de l’infortune », « Perdant à tous les mois » et « Pas de célébrations » sont disponibles.

Le concept du billet à gratter ne tient pas du hasard. La coordonnatrice de la table d’action contre l’appauvrissement de l’Estrie, Line Macroux, ne pense pas que la pauvre n’est pas signe de malchance. « Être pauvre, ce n’est pas une question de chance ou de jeu. Le Québec doit mettre ses culottes pour lutter contre la pauvreté ».

Une mobilisation
Mme Marcoux demande la mobilisation des Sherbrookois. « On donne de vraies cartes postales. Ce qui est important, c’est d’en envoyer à chaque député et au ministre Blais. On pense qu’il n’y aura pas grand-chose pour les personnes qui sont sous le seuil de la pauvreté », affirme-t-elle.

L’organisatrice politique et porte-parole au Collectif pour un Québec sans pauvreté, Virginie Larivière, rappelle que la pauvreté est un fléau au Québec. « Un prestataire de l’aide sociale qui est jugé apte à travailler peut subvenir à seulement 52 % de ses besoins. Pour une personne seule, ça prend environ  17 716 $ afin de subvenir à ses besoins. Un assisté social reçoit environ 9000 $ par année. Il est donc dans le rouge par-dessus la tête », affirme-t-elle.

De plus, quelqu’un qui travaille à temps plein au salaire minimum peine à subvenir à ses besoins de base, selon Mme Larivière. « Il réussit à répondre à ses besoins de base (se nourrir, se loger, se vêtir, se déplacer), mais il ne sort pas de la pauvreté pour autant. Actuellement, quelqu’un qui travaille à temps plein au salaire minimum se sort du rouge, mais reste dans le jaune », figure-t-elle.

Par ailleurs, Mme Larivière aimerait que le gouvernement du Québec soit plus à l’écoute de la population moins nantie. « On ne sent pas une grande ouverture de la part du gouvernement. On attend depuis plus de deux ans le dépôt du plan d’action gouvernemental en matière de pauvreté et d’exclusion sociale », rappelle-t-elle.