Des citoyens du Vermont et de la petite municipalité de Coventry ont compris que l’eau du lac Memphrémagog était importante pour le Québec. C’est pourquoi un résidant de cet État a démarré une pétition visant à arrêter l’agrandissement du dépotoir et ultimement, à cesser les exploitations du dépotoir.

Des Américains sensibilisés à l’eau du Memphrémagog

Des citoyens du Vermont ont compris que l’eau du lac Memphrémagog était importante pour le Québec. C’est pourquoi un résidant de cet État a démarré une pétition visant à arrêter l’agrandissement du dépotoir et ultimement, à cesser les exploitations de celui-ci. Au moment d'écrire ces lignes, plus de 2300 personnes avaient signé la pétition.

Le président de l’organisme Memphrémagog conservation inc. (MCI), Robert Benoit, se réjouit de l’implication d’un groupe de Vermontois dans la lutte au dépotoir. « Récemment, l’organisation américaine DUMP (Don’t Undermine Memphremagog’s Purity) a décidé de lancer une pétition à laquelle le MCI s’est joint. Il n’y a pas de limite à laquelle on peut aller. Les gens sont très enthousiastes à s’inscrire à cette pétition », décrit-il.

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« Il y a une nuance importante : dans la pétition, on demande la fermeture du site de déchets, poursuit M. Benoit. Nous, le MCI, on demande plus l’arrêt de l’agrandissement. On sait pertinemment qu’au Vermont, ils ne peuvent pas fermer le site demain matin. Il faut être réalistes. »

Le manque d’implication chez les voisins américains est maintenant chose du passé. « Le problème qu’on avait, c’est que, quand nous avions voulu soulever les passions, il n’y avait personne du côté américain qui semblait avoir un problème avec ça. Il y a un mois et demi, quatre Vermontois ont pris rendez-vous avec le MCI. M. Coe a fait une assemblée publique qui a attiré 150 personnes », explique M. Benoit.  

Henry Coe, rejoint au téléphone par La Tribune, explique qu’il a constaté la problématique il y a déjà un bon moment. « Tout ça a commencé il y a un an et demi, environ. J’avais noté que des camions venaient d’autres états vers le Vermont. C’était des cargos très lourds. J’ai demandé d’où les camions venaient, on m’a répondu qu’on amenait des déchets contaminés de Boston à Coventry », affirme-t-il, manifestant son désaccord avec cette pratique.

Gilles Bélanger pourrait en ajouter

Le député d’Orford, Gilles Bélanger, est très impliqué dans le dossier. Le politicien pourrait même créer une autre pétition, québécoise cette fois-ci, qui passerait à l’Assemblée nationale.

« J’ai signé la pétition américaine et je l’ai fait passer de 500 signatures à plus de 2000, se réjouit l’élu de la CAQ. Ce qui m’a frappé, c’est que ce sont les Américains, qui ne puisent pas leur eau dans le lac Memphrémagog, qui sont beaucoup plus soucieux et inquiets. Les gens de DUMP sont structurés, ils connaissent bien le dossier. »

M. Bélanger réitère sa promesse : il veut tout faire pour assurer la santé des gens de sa patrie. « C’est une promesse électorale que j’ai faite et je veux la tenir. Je vais utiliser tous les moyens que j’ai, comme d’amener une pétition à l’Assemblée nationale. Je vais mobiliser les citoyens, et ce, tant que je ne serai pas convaincu qu’il n’y a pas de risque pour la santé des citoyens », indique-t-il.

« La pétition actuellement, elle est du côté américain, ajoute M. Bélanger. Il y a un processus pour amener une pétition à l’Assemblée nationale. Il y a un délai. Un groupe va démarrer une pétition ici, au Québec, en collaboration avec ce qui s’est fait aux États-Unis. Je vais être satisfait lorsqu’on va avoir 50 000 signataires. »

Le député est clair : un plan d’action est mis sur pied. « On est mobilisés au provincial et au fédéral, MCI, etc. Tous les acteurs sont sensibilisés. Maintenant, il faut un dossier vraiment solide. Il ne faut pas seulement dire qu’on n’est pas d’accord, il faut dire pourquoi. Je dirais qu’on est bien préparés là-dessus, mais seule la MRC peut se faire entendre », confirme-t-il.