Des aides de service seront embauchés au CIUSSS de l’Estrie-CHUS pour donner un coup de main aux équipes de soins, notamment aux préposés aux bénéficiaires qui sont beaucoup trop peu nombreux pour les besoins de l’organisation.

Des aides de service en soutien aux préposés aux bénéficiaires

Il manque toujours 150 préposés aux bénéficiaires au CIUSSS de l’Estrie-CHUS pour combler tous les quarts de travail durant la période estivale. Devant cette situation inquiétante, la direction des ressources humaines a décidé, entre autres mesures, d’embaucher des aides de service pour soutenir les équipes de travail et les préposés aux bénéficiaires en particulier. Le syndicat SCFP, qui représente à la fois les préposés aux bénéficiaires et les aides de service, dénonce toutefois cette mesure qui aurait pour conséquence d’alourdir le travail des PAB en ne leur laissant que les tâches les plus difficiles à accomplir.

Les aides de service sont à la base embauchés pour remplir des fonctions générales comme nettoyer, entretenir et ranger le matériel et l’équipement. Ils préparent et distribuent certains produits aux usagers, comme les collations par exemple. Le poste d’aide de service est considéré comme un « titre d’emploi alternatif » au CIUSSS de l’Estrie-CHUS, un titre d’emploi qui a été introduit il y a quelques années pour soutenir les équipes de soins en raison de la pénurie de personnel, principalement dans les centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD).

Le CIUSSS de l’Estrie entend maintenant ajouter certaines tâches aux aides de service, dans le but de dégager les préposés aux bénéficiaires (PAB) pour effectuer certaines tâches spécifiques pour lesquels ils ont été formés.

« Par exemple, les aides de service pourraient faire de l’assistance à la marche ou à l’alimentation dans certaines situations moins complexes, tout en étant sous la supervision de l’équipe de soins », soutient Josée Paquette, directrice des ressources humaines, des communications et des affaires juridiques au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Pour le syndicat SCFP, qui représente notamment les PAB, tous ces changements sont inacceptables parce qu’ils alourdiraient et dévaloriseraient le travail des préposés aux bénéficiaires.

« L’employeur veut former les aides de service pour leur confier des tâches réservées aux PAB, comme déplacer des patients, les alimenter et leur prodiguer certains soins comme le brossage des dents. Certaines tâches plus lourdes, comme les bains et les toilettes partielles, demeureraient exclusives aux PAB », soutient Éric Bergeron, conseiller syndical au SCFP.

« Cela fait des mois, voire des années, que nous remuons ciel et terre pour améliorer le sort des préposés aux bénéficiaires et de leurs patients. Là, l’employeur nous arrive avec de fausses bonnes idées, soit d’enlever aux préposés des tâches moins lourdes pour ne leur laisser que le plus lourd. Aussi, à salaire égal, c’est certain que beaucoup de préposés voudront abandonner leur poste et devenir aides de service », déplore Éric Bergeron.

Les salaires sont déterminés par des ententes au niveau national. Pour les PAB, le salaire horaire de base est de 20,55 $ et de 22,35 $ au haut de l’échelle salariale. Pour les aides de service, il n’y a pas d’échelle salariale et le salaire horaire est de 19,69 $.

Rappelons que le diplôme d’études professionnelles n’est pas exigé pour le titre de préposé aux bénéficiaires dans la nomenclature des titres d’emploi du réseau de la santé et des services sociaux.

« L’employeur pourrait lui-même prodiguer la formation menant à un titre de préposé aux bénéficiaires », suggère le syndicat.

Dans ce contexte où il aura déjà à donner des formations de base aux aides de service, le CIUSSS voudra-t-il lui-même former les aides de service pour qu’ils puissent éventuellement obtenir un poste de PAB?

« Ça n’a jamais été évoqué, répond Josée Paquette. Ce qui est porteur pour nous, c’est le travail que nous faisons avec les maisons d’enseignement, c’est-à-dire la possibilité que les étudiants puissent travailler pendant la période de formation. On va voir comment vont aller les inscriptions pour les prochaines cohortes. Il pourrait y avoir plusieurs cohortes qui vont partir à l’automne. »

« Les aides de service sont embauchés pour nous aider durant la période estivale. Nous ferons le bilan de tout ça à l’automne et nous verrons les suites à donner », nuance Mme Paquette.

La seule exigence pour être embauché comme aide de service est de détenir un secondaire 5. « Nous sommes confiants de recruter un certain nombre d’aides de service, notamment parce que nous allons offrir des garanties d’heures pour l’été, qu’il y a beaucoup de perspectives d’emplois dans notre organisation et que nous avons quand même de bonnes conditions de travail dans le réseau de la santé, avec des assurances par exemple », soutient Josée Paquette.

Mme Paquette précise que des « titres d’emploi alternatifs » apparaîtront aussi dans d’autres secteurs d’activités dans le giron du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

« Dans un contexte de pénurie de personnel, nous avons le devoir de regarder les alternatives parce que nous avons deux inquiétudes. La première, c’est de pouvoir continuer d’offrir nos soins et services à la population tout en assurant leur qualité. La deuxième, c’est d’assurer une qualité de vie pour nos employés, parce que nous nous inquiétons pour eux aussi », précise la directrice des ressources humaines.