Lors de la dernière assemblée du conseil municipal de Magog, quelques membres du Collectif du Quartier-des-Tisserands sont allés au micro pour poser des questions au maire suppléant, et effectuer des commentaires en lien avec le projet d’Anahid Hospitality Management, qui est propriétaire d’une large portion du complexe industriel.

Démolition partielle de la Dominion Textile : un projet à « haut risque » ?

Le Collectif du Quartier-des-Tisserands craint que le projet de démolition partielle du complexe de la défunte Dominion Textile représente une menace de premier ordre pour l’avenir de cet immeuble patrimonial, situé en bordure de la rivière Magog.

Lors de la dernière assemblée du conseil municipal de Magog, quelques membres du Collectif du Quartier-des-Tisserands sont allés au micro pour poser des questions au maire suppléant, Jacques Laurendeau, et effectuer des commentaires en lien avec le projet d’Anahid Hospitality Management, qui est propriétaire d’une large portion du complexe industriel.

Afin de démontrer que le bâtiment mérite d’être protégé adéquatement, Robert Renaud a notamment souligné que ce dernier a déjà été reconnu comme étant un site national par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada. « Il n’y a pas de partie non significative à ce bâtiment », a-t-il ajouté.

Rappelons à ce sujet que la mairesse de Magog, Vicki-May Hamm, a récemment soutenu que le projet de démolition du propriétaire visait une portion du complexe qui ne présentait pas d’intérêt particulier sur le plan patrimonial.

Robert Renaud a par ailleurs laissé entendre que, selon toute vraisemblance, Anahid Hospitality Management n’avait pas besoin de démolir une partie du complexe industriel pour « savoir ce qui se cache derrière certains murs ».

« On nous dit que la démolition d’une partie de l’édifice bordant la rivière permettrait au propriétaire de mieux connaître le bâtiment. Mais les plans sont à la Société d’histoire de Magog. Le recours à ces plans et une étude d’ingénierie permettraient d’éviter la démolition envisagée », a expliqué Robert Renaud.

M. Renaud a de plus qualifié le projet de démolition « d’exercice à haut risque ». Pourquoi ? Essentiellement parce que la portion de l’immeuble qui disparaîtrait est « appuyée sur une des plus anciennes parties du complexe, dont la construction remonte à 1884 », et que, par surcroît, des murs de soutènement auraient été retirés au fur et à mesure que l’immeuble s’élargissait durant les années 1800 et 1900.

« Comment peut-on prendre la demande du propriétaire au sérieux ? D’ailleurs, il ne paie même pas ses amendes et il a abandonné le bâtiment depuis qu’il l’a acquis l’usine de la Difco. »

Aussi associé au Collectif du Quartier-des-Tisserands, François Théroux a pour sa part évoqué la possibilité que le complexe se dégrade de façon accélérée, si on permet une démolition sans prendre des mesures adéquates pour sauvegarder les portions les plus intéressantes de celui-ci.

« Il pourrait y avoir des infiltrations d’eau. En plus, le système de drainage ne fonctionne peut-être plus, l’édifice n’est plus chauffé et des pans de sa toiture se sont effondrés. On aimerait qu’un moratoire soit décrété et qu’une consultation soit organisée pour sonder la population », a indiqué M. Théroux.

Jacques Laurendeau a répondu que la Ville de Magog prévoyait des « protections en matière d’environnement et pour le bâtiment ». Il a d’autre part précisé qu’aucun permis de démolition n’avait encore été délivré dans ce dossier et qu’on était seulement à l’étape des « discussions ».