Le juge de la Cour supérieure Claude Villeneuve a tranché en faveur du regroupement Action citoyen, obligeant la municipalité de Compton à laisser des experts visiter l’hôtel de ville au centre du litige qui traine depuis bientôt quatre mois.

Démolition de l’hôtel de ville de Compton : une inspection possible

SHERBROOKE — Le regroupement Action citoyen de Compton pourra demander une nouvelle inspection de l’hôtel de ville au cours des prochains jours suite à un jugement rendu par la Cour supérieure. Le maire Bernard Vanasse fait quant à lui valoir que le conseil municipal peut le démolir même si le bâtiment est jugé récupérable.

Le juge de la Cour supérieure Claude Villeneuve a entendu la cause des deux partis le 12 décembre et a tranché en faveur du regroupement Action citoyen, obligeant la municipalité à laisser des experts visiter le bâtiment au centre du litige qui traine depuis bientôt quatre mois.

« La municipalité ne voulait pas qu’on accède au bâtiment pendant plus que trois heures la première fois qu’on a voulu faire une nouvelle expertise. Ça prend plus de temps pour examiner la structure de fond en comble et fournir un rapport complet sur son état », fait valoir Denis Loubier, à la tête du regroupement.

C’est la firme d’ingénierie Shellex Inc. qui s’occupera de produire le rapport. « Notre nouvelle demande a été approuvée par la Cour mercredi et nos experts seront sur place vendredi, lundi et mardi », poursuit-il, en notant que son regroupement gagne en popularité. « La municipalité a tenté de nous mettre des bâtons dans les roues pour empêcher cette deuxième expertise, mais sans succès. Le rapport final sera publié au plus tard le 14 janvier. »

Le meneur du regroupement, qui a déjà déboursé avec ses membres près de 30 000 $ en frais d’avocats, s’est indigné des propos du maire Vanasse lors de l’audience. Celui-ci aurait soutenu que la municipalité peut faire ce qu’elle désire avec ses infrastructures.

« Il a dit au juge que même si cinq nouveaux rapports étaient déposés confirmant que l’option de réparer le bâtiment est moins coûteuse, le conseil municipal irait de l’avant avec la démolition. J’ai trouvé cela scandaleux, tout comme le juge Villeneuve », confie-t-il.

La volonté des citoyens

Bernard Vanasse ne dément pas ses propos en ce sens et rappelle que le conseil municipal doit servir les gens qui l’on élu démocratiquement l’an dernier.

« Même s’il y a une expertise, une municipalité est en droit de rebâtir. On n’a aucun doute que notre expertise est fiable, elle a été réalisée par une firme très qualifiée. Le conseil municipal a été élu démocratiquement et doit accomplir la volonté des citoyens », argumente-t-il. « M. Loubier s’est présenté et il n’a presque pas eu de votes, on doit agir pour la majorité. »

Quant aux accusations de vouloir démolir au plus vite, le maire soutient qu’il s’agit d’une question de coûts.

« On espère vraiment que leur nouvelle inspection ne créera pas des délais qui pourraient faire monter la facture », s’inquiète M. Vanasse. « Ça coûte plus cher de démolir lors du dégel et les entrepreneurs remplissent leur agenda dès le début de l’année, donc on se doit de faire notre appel d’offres rapidement. On veut s’assurer que l’argent des citoyens est bien dépensé. »

À couteaux tirés avec la municipalité, M. Loubier affirme qu’il ne laissera le projet aller de l’avant sans faire des remous. « Ça va débouler et je peux vous dire que ça va brasser », promet-il, déterminé. « Ça me fait penser à la triste situation qui s’est passée à Chambly avec la démolition de la maison du patriote Boileau. On veut conserver notre héritage. »