Le délai moyen sur civière aux huit urgences du CIUSSS en 2017-2018 était de 13,2 heures (contre 14,6 heures en 2014-2015), soit une amélioration de près de 1 h 30. La cible demeure toutefois de descendre sous les 12 heures.

Déficit de 14,3 M$ au CIUSSS de l'Estrie-CHUS

Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS a finalement bouclé son budget 2017-2018 avec un déficit de 14,3 millions $ sur son budget de 1,4 milliard $, ce qui représente 1 % de son budget annuel. En début d’année, on avait prévu un déficit de 20 à 25 M$.

« Nous prévoyons retourner à l’équilibre budgétaire dès l’an prochain. Nous sommes satisfaits de la situation cette année dans la mesure où nous avons beaucoup augmenté nos activités cliniques dans la dernière année », soutient Pierre-Albert Coubat, directeur des ressources financières et de la logistique au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

En début d’année 2018, on avait anticipé un déficit de 20 à 25 M$. « Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a contribué de diverses façons », soutient M. Coubat.

De ce déficit, un peu plus de 4 M$ sont attribuables au coût de nouvelles molécules disponibles pour traiter certains cancers. « Ces molécules nous ont coûté 8 M$ de plus par rapport à l’an dernier. On a pu obtenir du financement de la part du MSSS seulement pour la moitié de l’augmentation, soit 4 M$ », explique M. Coubat.

Face à cette augmentation importante des coûts, est-ce que la direction du CIUSSS pourrait demander à ses médecins d’utiliser ces nouvelles molécules avec modération?

« Non, au contraire! On ne lésinera jamais sur la qualité des soins et des services que l’on offre aux Estriens. Il est hors de question de faire des compromis. C’est notre responsabilité d’aller chercher le financement nécessaire pour que nos soins et services soient les meilleurs possible », assure M. Coubat.

Le reste du déficit est attribuable à l’augmentation de l’assurance-salaire longue durée, au temps supplémentaire obligatoire (TSO) et à la fin de certaines allocations de transition qui avaient été allouées pour les premières années suivant la fusion des 14 ex-établissements de l’Agence de santé et qui avaient aidé à boucler les derniers budgets.

Pierre-Albert Coubat

Le message a passé

Dans un contexte où la rareté de la main-d’œuvre et l’absentéisme sont très élevés et où les milieux hospitaliers ont subi une pression sans précédent l’hiver dernier, la situation aurait pu être pire, nuance M. Coubat.

« Maintenant, près de 86 % des Estriens ont un médecin de famille, comparativement à 75 % avant la création du CIUSSS. Ça fait toute une différence. Nous avons aussi lancé un appel à la population pour une bonne utilisation des urgences, et ça aussi a porté ses fruits. L’an passé, nous avons eu 6500 visites de moins de patients ayant un profil ambulatoire par rapport à 2014-2015 », soutient-il.

Autre effort consenti par la population : elle accepte « la deuxième offre » en plus grand nombre. Ainsi, 20 % des usagers acceptent une consultation en services spécialisés ou une chirurgie dans un autre réseau local de service; près de 500 usagers ont accepté une deuxième offre pour une chirurgie à Magog et plus de 150 usagers ont subi une chirurgie à Lac-Mégantic. « Ça nous permet d’utiliser nos plateaux techniques et notre personnel, qui est tout aussi qualifié peu importe l’établissement, de façon optimale, et ça permet aux patients d’avoir leur examen ou leur chirurgie plus rapidement », soutient-il.

L’augmentation des services s’est traduite dans de multiples domaines. Du côté du soutien à l’autonomie des personnes âgées notamment, on a rajouté 150 lits de CHSLD depuis 2015-2016, plus de 100 places en ressources non institutionnelles et 15 lits de convalescence.

Du côté des salles d’urgence, le délai moyen sur civière aux huit urgences du CIUSSS en 2017-2018 était de 13,2 heures (contre 14,6 heures en 2014-2015), soit une amélioration de près de 1 h 30. La cible demeure toutefois de descendre sous les 12 heures.

Dans les hôpitaux, on a effectué 77 800 procédures de tomodensitométrie, soit une augmentation de 17 % en 3 ans. Voilà un exemple parmi plusieurs autres d’augmentation de 15 à 20 % de procédures effectuées au cours des trois dernières années

Temps supplémentaire 

Avec une nouvelle année financière qui commence, quels sont les défis auxquels seront confrontées les directions du CIUSSS?

« Nos trois axes sont la santé humaine de l’organisation, les mesures d’amélioration transversales et les améliorations de coûts par secteur d’activités », dit-il.

« Le temps supplémentaire est toujours en augmentation au cours des derniers mois. Cette année, il a représenté une augmentation de 5 M$. Par contre quand on se compare, on se console. Dans un CIUSSS de taille comparable, celui de la Mauricie-Centre-du-Québec, le temps supplémentaire a représenté une dépense de 9 M$. Nous restons dans les établissements les plus performants à ce niveau. Mais ça reste un enjeu important à traiter, car ce n’est pas sain d’en demander toujours plus à nos employés », souligne Pierre-Albert Coubat.