Une trentaine de jeunes de Val-du-Lac se préparent pour un grand défi à vélo qui aura lieu le 8 juin prochain. Pour les accompagner dans ce défi, ils peuvent compter sur Sabrina Houde, éducatrice spécialisée, Sébastien Perron, psychoéducateur, Jean-Thomas Boily, parrain d’honneur et ancien athlète paralympatique, ainsi que Marie-Pierre Pépin, éducatrice spécialisée.

Défi vélo DPJ : une « photo positive » dans l’album

« J’ai peur de faire du vélo dans les côtes. Ça va mieux maintenant. » Ces paroles sont celles d’Éva (prénom fictif), 11 ans, une jeune fille qui vit à Val-du-Lac, le centre d’hébergement de la direction de la protection de la jeunesse (DPJ).

Si Éva a travaillé non seulement sa peur d’affronter les côtes sherbrookoises, mais aussi ses peurs sous toutes ses formes, c’est dans le but de relever un grand défi, celui de La route sans fin. Ce défi sera aussi relevé par une trentaine de jeunes de Val-du-lac le 8 juin prochain : ils parcourront 50 km à vélo avant de revenir à Val-du-Lac où une belle fête les attend pour les récompenser.

« L’idée derrière le défi est d’amener les jeunes à embarquer dans l’aventure pour oser se dépasser, respecter son engagement et prendre les moyens pour arriver à réaliser son défi », soutient Sébastien Perron, psychoéducateur à Val-du-Lac.

« Les jeunes hébergés à Val-du-Lac ont souvent des photos de vie pas mal négatives. Le défi de La route sans fin leur permet d’ajouter une photo positive à leur album. C’est à force de faire vivre des expériences positives à ces jeunes qu’on leur permet de renforcer l’estime d’eux-mêmes », soutient M. Perron, rencontré à Val-du-Lac alors qu’il s’apprêtait à prendre la route avec plusieurs jeunes pour une bonne pratique à vélo.

« Pour un jeune, c’est difficile de passer du temps à Val-du-Lac. On demande aux jeunes de travailler sur eux-mêmes, sur leurs comportements, et c’est quelque chose que bien des adultes trouveraient difficile! Alors c’est notre devoir de pouvoir offrir aux jeunes de beaux moments comme ça », ajoute-t-il.

Inspirer les adultes

Les jeunes qui participent au défi en ressortent grandis. Et au passage, ils font certainement grandir quelques adultes qu’ils ont la chance de côtoyer sur leur parcours, comme peut en témoigner un des deux parrains d’honneur de l’événement cette année.

« Dans la vie, on a tous des obstacles à surmonter. J’ai les miens, ces jeunes en ont aussi. Ce parcours à vélo est vraiment difficile. Il y a beaucoup de côtes. Et l’an passé, tous les jeunes qui ont participé au défi l’ont réussi! J’ai trouvé ça très inspirant », soutient l’un des parrains d’honneur, Jean-Thomas Boily, un ancien athlète paralympique qui fera lui aussi la randonnée avec son vélo adapté.

Lyne (prénom fictif) a 17 ans. Elle a 17 ans et demi, en fait. Sous peu, elle quittera Val-du-Lac, direction « la vie autonome en appartement » dont elle rêve depuis un bout de temps déjà. Mais avant de quitter ses éducateurs et ce milieu de vie, un défi l’attend : la Route sans fin. Pour elle qui aime le vélo, c’est un défi inspirant. L’fun, comme elle dit.

« J’aime le vélo. Je suis contente de participer au défi. C’est un pas de plus vers le plus grand rêve de ma vie : traverser le Canada à vélo », lance-t-elle, tout sourire, prête à s’élancer pour sa randonnée d’exercice.

Quand ils reviendront à Val-du-Lac après leur défi, les jambes fatiguées, mais la tête remplie de fierté, une belle fête attend les jeunes qui auront mis le cœur à l’ouvrage. « Il va y avoir un lunch l’fun, des directeurs viennent souvent les féliciter... C’est une journée qu’on consacre vraiment à ces jeunes. On met le paquet pour qu’ils passent une belle journée », soutient Sébastien Perron.

Le défi va au-delà du plaisir de se dépasser, assure Sabrina Houde, éducatrice spécialisée à Val-du-Lac.

« Souvent, ici, on doit gérer des crises, on éteint des feux. Le sport nous apporte des outils de prévention, il n’apporte que des bonnes choses. Il permet par exemple de travailler la gestion du stress de façon positive », image-t-elle.

Pour se préparer au défi, les jeunes se sont rendus à quelques reprises au cours de l’hiver au Maxi-Club Belvédère pour des séances de spinning.

« Prendre un break du centre jeunesse, c’est déjà quelque chose pour ces jeunes. Certains vont en profiter pour travailler leurs aptitudes sociales : ils vont apprendre à dire bonjour quand on arrive au Maxi-Club, merci quand on part. Travailler sur sa timidité, c’est améliorer sa confiance en soi », ajoute-t-elle.

Le défi de la Route sans fin a vu le jour il y a une douzaine d’années dans tous les Centres jeunesse du Québec. Dans une longue randonnée à relais, chaque centre pédalait avec les jeunes vers l’autre centre et ainsi de suite… Depuis la création des CIUSSS en 2015, le projet n’a pas eu le choix que de se modifier, et la Route sans fin a pris la forme d’un défi que chaque ex-centre se donne. Le défi se tient au même moment dans chacune des régions dans un but de s’encourager mutuellement.