Lisette Maillé

Déclaration universelle d’urgence climatique : la MRC de Memphrémagog s’abstient

La MRC de Memphrémagog a décidé de ne pas adopter de « déclaration visant à reconnaître l’urgence climatique », contrairement à ce qu’ont fait d’autres organisations municipales, dont les villes de Sherbrooke et de Montréal, au cours des dernières semaines. De son côté, la Ville de Lac-Mégantic invite les autres municipalités du Québec à signer le Pacte de la transition énergétique.

Depuis des mois, Lac-Mégantic déploie un plan de développement pour devenir un modèle et un pôle d’innovation lié à la transition énergétique, aux bâtiments et aux transports intelligents.  

Concrètement, elle s’est engagée dans le mouvement qui supporte la transition énergétique au Québec en mettant sur pied le premier microréseau électrique en collaboration avec Hydro-Québec. 

« Il nous importe de travailler avec les énergies renouvelables et propres. Nous avons vécu la plus grande tragédie environnementale en Amérique du Nord. Il est primordial que la relance passe par les valeurs du développement durable, » explique la mairesse Julie Morin. 

Elle ajoute qu’il est de la responsabilité de toutes les municipalités d’emboîter le pas et de donner l’exemple en matière de transition énergétique, peut-on lire dans un communiqué de presse.  

Des actions concrètes

Par voie de résolution, les membres du conseil des maires de la MRC de Memphrémagog ont quant à eux réitéré, mercredi soir dernier, qu’ils poursuivront néanmoins leurs efforts dans le but de limiter les émissions de gaz à effet de serre (GES) sur leur territoire.

« Essentiellement, on s’engage à poursuivre les actions amorcées, notamment par rapport à ce qui sortira de la stratégie d’adaptation aux changements climatiques, et à saisir les autres occasions qui se présenteront, dans les limites de nos compétences », indique Lisette Maillé, mairesse d’Austin et présidente du comité consultatif en développement durable de la MRC.

Dans sa résolution, la MRC de Memphrémagog énumère une série de gestes qu’elle a posés, ces dernières années, en vue de limiter les émissions de GES, lesquels sont responsables des changements climatiques en cours selon les experts du climat.

Entre autres, la MRC et sept des municipalités qui la composent ont réalisé un inventaire de leurs émissions de GES et ont ensuite mis en place des mesures pour réduire ces dernières.

De plus, la MRC de Memphrémagog a participé financièrement à un projet d’acquisition et d’installation de bornes servant à recharger les voitures électriques. Les bornes acquises se retrouvent à différents endroits sur le territoire de la MRC.

Lisette Maillé laisse entendre que les élus ont soupesé l’idée d’adopter la « déclaration universelle citoyenne d’urgence climatique », un texte publié par des environnementalistes, ou une version modifiée de cette dernière. Mais ils n’ont pas cru bon aller de l’avant avec cette idée.

« Ce genre de texte émanant de citoyens est parfois alarmiste, affirme Mme Maillé. Cela dit, on ne se sent pas obligé d’adopter la déclaration d’urgence climatique même si d’autres l’ont fait. On a beau prendre les engagements les plus nobles, ce qui importe à la fin c’est que les bottines suivent les babines. Et, de notre côté, on a déjà l’impression de faire notre part dans la mesure de nos moyens. »

Notons que le groupe baptisé Les oubliés de l’autobus avait demandé à la MRC de procéder à l’adoption de la « déclaration universelle citoyenne d’urgence climatique ». Ce groupe souhaite une amélioration notable du transport collectif dans la MRC de Memphrémagog.

À Orford, un groupe de citoyens viendra au-devant des élus ce lundi soir, en début de séance de conseil, afin de leur demander de signer la déclaration universelle.