Bruno Côté, conseiller municipal dans le canton de Potton

Débat autour du vote par correspondance dans le canton de Potton

Un débat fait rage dans le canton de Potton concernant le vote par correspondance, lequel est accordé aux personnes possédant une résidence secondaire dans la municipalité. Certains souhaitent la suspension de ce droit alors que d’autres plaident pour son maintien.

Selon les informations obtenues par La Tribune, plusieurs membres du conseil municipal de Potton désirent que le droit de vote par correspondance soit momentanément retiré à ceux qu’on nomme les citoyens « non domiciliés ». Le maire de la municipalité, Jacques Marcoux, est cependant opposé à cette idée.

« Le conseil voudrait enlever aux non domiciliés cette possibilité de voter depuis l’extérieur de la municipalité. Il y a environ 200 personnes qui profitent de ce droit, introduit en 2010 lors d’un de mes mandats précédents. Le conseil invoque une question d’équité entre deux groupes de citoyens », indique M. Marcoux.

L’iniquité proviendrait du fait qu’un second groupe de citoyens, celui des résidents permanents, n’a pas droit au vote par correspondance lorsqu’il séjourne à l’extérieur de la région alors que des élections ont lieu.

Le conseiller municipal Bruno Côté affirme que ce dossier a rapidement été abordé après les élections de 2017. Des gestes rapides étaient espérés par une majorité d’élus au conseil. 

« Notre but, c’était d’aller vers l’équité entre les deux groupes. On n’a jamais souhaité un retrait définitif du privilège dont profitent les non domiciliés. On réclamait simplement une suspension temporaire en attendant que ça se règle. On désirait que tout le monde ait accès au même privilège. Mais on n’a pas donné suite à notre demande », a expliqué M. Côté lors de la plus récente assemblée publique des élus de Potton.

Pour que le conseiller municipal soit satisfait, il faudra que le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) modifie les règles existant en matière de droit de vote lors d’élections municipales.

« J’avais entrepris une démarche qui n’a pas abouti auprès du Directeur général des élections. Et là j’en amorce une nouvelle. Je sais que les médias parleront du dossier alors on devrait cette fois-ci avoir une oreille plus attentive de la part du DGEQ », fait valoir Jacques Marcoux.

Ancienne non domiciliée devenue résidente permanente à Potton, Suzanne Beaudet reconnaît qu’elle ne comprend pas la position du conseil municipal en lien avec le vote par correspondance.

« Je suis triste et incrédule devant ce qui est proposé. Après tout, dans une démocratie, on essaie d’assurer le droit de vote au plus grand nombre. En plus, les villégiateurs paient les mêmes taxes que les permanents même s’ils ne sont pas toujours sur place, à Potton », fait valoir cette ex-membre du comité consultatif en urbanisme de la municipalité.

Suzanne Beaudet ajoute toutefois qu’elle voit d’un bon œil les démarches amorcées afin de permettre aux résidents permanents de voter, eux aussi, aux élections municipales lorsqu’ils sont à l’extérieur du Canton de Potton.