Le candidat de la CAQ dans Orford, Gilles Bélanger, a été interpellé à plusieurs occasions sur les divergences entre ses engagements environnementaux et la plateforme de son parti. Il répond ici à la candidate de Québec solidaire dans Sherbrooke Christine Labrie.

Débat : Gilles Bélanger devient la cible

Le candidat de la Coalition avenir Québec Gilles Bélanger a été la cible de tirs nourris mardi soir au débat électoral organisé par le Conseil régional de l’environnement de l’Estrie.

Ses adversaires des autres partis lui ont essentiellement reproché de prendre des engagements en matière d’environnement qui ne figurent pas dans le programme de la CAQ.

« J’ai beaucoup aimé ce que j’ai entendu de votre part tout à l’heure (en mot d’ouverture), l’a même interpellé la solidaire Christine Labrie. Par contre j’étais assez étonnée parce que tout ce que vous avez nommé en matière d’environnement n’est pas dans le programme de la CAQ. Alors comment se fait-il que vous ayez choisi de vous présenter pour la CAQ, qui est le parti le plus arriéré en matière d’environnement, si ça vous tient tant à cœur? »

« Ça fait plusieurs années que je travaille au niveau de l’environnement et pour moi, c’est une priorité en termes de développement économique, a répondu le caquiste qui se présente dans la circonscription d’Orford. Lorsqu’on joint un parti, on est capable, lorsqu’on a un certain rôle de leadership, de changer la donne. Si vous me demandez si je suis 100 % d’accord avec les orientations du parti, peut-être pas, mais je pense que c’est l’objectif en démocratie d’être capable d’apporter son point de vue. »

L’homme d’affaires qui ferait partie de l’escouade économique d’un gouvernement caquiste ne s’est pas caché non plus d’être inspiré par des organisations environnementales comme Équiterre, voire par le programme du Parti vert.

« Je ne pense pas que je vole les idées du Parti vert, a-t-il dit, je pense que le Parti vert a des bonnes idées. (...) Un bon parti, c’est un parti qui est ouvert, qui est rassembleur, qui est capable de travailler avec les expertises sans que ce soit (uniquement) les expertises de son propre parti. »

Le débat organisé par le Conseil régional de l’environnement de l’Estrie opposait Gilles Bélanger (CAQ), Christine Labrie (QS), Sylvain Dodier (PVQ), Guillaume Rousseau (PQ) et Guy Madore (PLQ).

Quelques secondes de silence

Dans une formule permettant aux candidats de s’interpeller à quelques occasions, le débat, auquel plus de 150 personnes ont assisté à la salle Alfred-DesRochers du Cégep de Sherbrooke, a couvert des thématiques tirées des 23 priorités environnementales identifiées par une coalition nationale de groupes environnementaux.

Outre M. Bélanger et Mme Labrie, candidate dans Sherbrooke, le débat opposait Sylvain Dodier, candidat du Parti vert dans Mégantic, Guillaume Rousseau, candidat du Parti québécois dans Sherbrooke et Guy Madore, candidat du Parti libéral dans Orford.

M. Dodier a déridé la salle à plusieurs occasions, notamment en imposant quelques secondes de silence, sur son propre temps de parole, « parce que ce soir, à Sherbrooke, il y a des gens qui sont rassemblés pour parler d’environnement et en entendre parler ».

Le candidat a proposé de s’inspirer de la Révolution tranquille pour forcer d’un coup la révolution verte de la province. « Les politiciens doivent prendre à bras le corps ce dossier-là et arrêter de vouloir être sympathiques. Il y a des décisions qui ne sont pas drôles à prendre et il faut les prendre. »

Précisant qu’il avait, à titre de chercheur en droit de l’environnement, rédigé certains passages du programme de son parti en environnement, Guillaume Rousseau a insisté sur son caractère audacieux et réaliste. « La dernière fois qu’on a été au pouvoir, en 18 mois on est sortis du nucléaire et sortis de l’amiante. (...) Le prochain combat qu’il faudra mener, et c’est pour ça qu’on est audacieux, c’est face au fédéral. Il faudra adopter une loi pour affirmer la compétence québécoise et il faudra sortir du pétrole. »

Guy Madore s’est montré le plus modéré en assurant que sous un gouvernement libéral, la transition écologique allait se faire, mais en prenant en compte les autres facettes de la vie des Québécois, « au rythme et avec l’adhésion de la population ».

Enfin Christine Labrie a répondu à ceux qui accusent Québec solidaire d’être radical avec son plan de transition économique que ce n’est certainement pas un défaut. « On est certainement radicaux parce qu’on propose de régler le problème à la racine. C’est ce que ça veut dire être radical. La crise environnementale qu’on traverse ne pourra pas être réglée avec des mesures cosmétiques et des mesures à la pièce. »

La CREE doit rendre disponible sur son site internet cette semaine un enregistrement de ce débat.