Il y a maintenant 11 dermatologues en poste sur le territoire du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

De nouveaux dermatologues arrivent au CIUSSS

EXCLUSIF / La liste d’attente s’améliore au service de dermatologie du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, qui a été plongé dans deux bris de service en 2011 et en 2015.

Au total sur le territoire du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, il y a maintenant 11 dermatologues en poste, soit cinq dans les hôpitaux universitaires de Sherbrooke, quatre qui travaillent en bureaux à Sherbrooke, Magog et Cowansville et deux qui travaillent à l’Hôpital de Granby.

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Situation précaire en dermatologie au CHUS

« En 2018, nous avons eu l’arrivée de trois nouveaux dermatologues sur le territoire », se réjouit la dermatologue Carolina Fernandes, chef hospitalière du service de dermatologie au CIUSSS de l’Estrie-CHUS et directrice universitaire du même service à l’Université de Sherbrooke (UdeS).

Bonne nouvelle aussi : depuis mardi dernier, le service de dermatologie est unifié sur l’ensemble du territoire et les 11 dermatologues qui travaillent sur le territoire sont reliés au CRDS — le Centre de répartition des demandes de services du CIUSSS de l’Estrie-CHUS. « Pour les patients, c’est une bonne nouvelle, ce sera beaucoup plus simple », clame Dre Fernandes.

Qu’est-ce que ça signifie concrètement pour les patients? « Jusqu’à lundi dernier, quand un médecin de famille prescrivait une consultation en dermatologie, le patient ressortait avec sa feuille entre les mains et devait faire des appels pour être sur la liste d’attente au CHUS et dans les bureaux privés. C’était compliqué. Il y avait aussi des doublons, des patients qui consultaient deux dermatologues à deux endroits... Maintenant c’est fini. Quand un médecin de famille enverra une requête pour une consultation en dermatologie, c’est lui qui s’occupera de l’acheminer au CRDS et il n’y aura qu’une seule liste d’attente pour l’ensemble du territoire et des dermatologues, qu’ils travaillent à l’hôpital ou en clinique », explique Dre Fernandes.

« Je trouve que c’est vraiment un système qui simplifie la vie des patients », insiste la dermatologue.

Fusion des listes d’attente

Précisons que les dermatologues qui travaillent dans des cliniques médicales sont néanmoins affiliés au système de santé public et que c’est la Régie de l’assurance maladie du Québec qui assume les coûts de consultation, exactement comme c’est le cas pour les médecins qui travaillent à l’hôpital.

Il reste encore du travail à faire pour venir à bout des listes d’attente, concède Dre Fernandes. Les chiffres qu’elle a entre les mains concernent toutefois seulement l’ancien établissement du CHUS, puisque la fusion des listes d’attente est en cours.


« Nous n’avons aucun cas codés A ou B, les plus urgents. »
Carolina Fernandes

« En ce moment, nous n’avons aucun cas codés A ou B, les plus urgents, qui sont en attente. Des cas C, il y en a 118. Ils seront vus en l’espace de deux-trois semaines; c’est un chiffre normal pour moi, ça veut dire que ça roule. Pour les non urgents, par contre, nous en avons 1440. Le plus vieux patient sur la liste d’attente y est depuis deux ans », dit-elle.

Des corridors de service sont toujours en vigueur avec les services de médecine interne, d’ORL, de chirurgie générale et de chirurgie plastique, ainsi que la pédiatrie, pour soutenir l’équipe de dermatologie.

« Nous avons mis en place toute une série de mesures pour améliorer la situation du service de dermatologie pour assurer à la fois l’accessibilité à nos services et la qualité des soins. Par exemple, nous avons fait une levée de fonds et nous avons réussi à embaucher une infirmière clinicienne pour apporter du soutien aux patients qui ont des conditions chroniques graves entre autres. Elle fait aussi beaucoup d’enseignement sur les conditions chroniques », explique Dre Fernandes.

À partir de cet été, il y aura aussi de l’enseignement aux médecins de famille et aux infirmières des groupes de médecine familiale (GMF) pour les soutenir dans la prise en charge des conditions dermatologiques de leurs patients.

« Pour soutenir les médecins de famille, nous avons aussi monté un guide de prise en charge des 25 maladies les plus fréquentes : comment les reconnaître, comment les traiter... Le guide a été bien reçu, les médecins l’apprécient », ajoute la chef hospitalière.

La dermatologue tient à passer un message rassurant aux patients qui sont en attente. « On rencontre des patients qui sont très inquiets d’avoir un cancer de la peau et que la situation se dégrade pendant qu’ils sont en attente. Il faut savoir qu’une peau normale présente beaucoup de lésions cutanées et que la majorité sont bénignes. Mais je dis aux patients : parlez-en à votre médecin de famille. Si les médecins de famille sont inquiets, ils nous le font savoir et on voit les patients rapidement. Si sa requête n’est pas urgente, c’est que la situation ne va pas s’aggraver », spécifie-t-elle.

Une série de bris de service

Rappelons qu’en 2011, le service de dermatologie du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS) s’était retrouvé en bris de service presque complet à la suite de « départs ou à une réduction de pratique des dermatologues ». Il y avait alors 10 000 patients sur la liste d’attente. Le bris de service avait été long étant donné que le recrutement est difficile et que les finissants sont fort peu nombreux dans cette spécialité médicale.

En 2014, la situation s’était finalement améliorée... avant qu’il y ait de nouveau bris de service en 2015 alors que les deux seules dermatologues en poste travaillaient à temps partiel et assuraient uniquement la priorisation des nouvelles demandes, les cas de photothérapie et certains dossiers urgents.

Puis en mai 2018, la direction du CIUSSS avait fait part d’une « situation précaire pour une période de cinq mois » en raison de l’absence de deux dermatologues en congé de maternité, situation qui s’est résorbée par l’arrivée de trois nouveaux médecins en cours d’année et par les deux retours de congé de maternité.