Boby Cloutier et Sylvie Delafontaine, propriétaires de la ferme Clodel à Dudswell, réchauffaient mercredi les agneaux qui venaient de naître chez eux, sous le regard de la brebis génitrice.

De la chaleur et de l’amour pour les agneaux

Le temps polaire que l’on connaît cette semaine pose un défi supplémentaire aux producteurs d’agneaux de la région : assurer que l’agnelage de leurs brebis se déroule avec succès malgré le froid extrême qui fait baisser le mecure dans les étables.

Dès la mise bas de la brebis, des précautions doivent être prises afin d’augmenter les chances de survie des agneaux dans ces conditions moins qu’idéales, les premières heures étant cruciales. Les brebis sont généralement installées dans une étable peu isolée et non chauffée. La température mercredi oscillait d’ailleurs entre zéro et dix degrés Celsius dans la ferme Clodel de Dudswell, où Boby Cloutier et Sylvie Delafontaine s’affairaient à l’agnelage d’une de leurs 30 brebis.

Les propriétaires de la ferme expliquent que l’hiver est la principale période de mise bas des brebis lorsque ces dernières suivent un cycle de reproduction naturel : « La période des chaleurs commence alors que les journées sont très longues, en été, et la mise bas survient à l’hiver suite à une gestation de cinq mois. » C’est ce qui explique que l’agnelage a lieu à cette période malgré les désavantages imposés par la basse température.

Différents facteurs externes peuvent influencer la température à l’intérieur de la bergerie, tels l’intensité des vents et la quantité de neige à l’extérieur de l’étable, qui agit comme isolant. L’eau gèle parfois dans les bols dispersés dans cet espace, malgré que ce n’était pas encore le cas mercredi.

Dorloter les agneaux

Il n’y a pas que des outils qui sont nécessaires pour mener l’agnelage à bien : un amour particulier pour les animaux est aussi de mise.

Par grands temps de froid, les producteurs doivent garder leur jeune bétail au chaud. Dès leur naissance, les agneaux doivent immédiatement être nettoyés par leur mère et nourris au pis. Le lait leur procure une chaleur nécessaire et renforce leur système immunitaire en plus de les nourrir. Les producteurs redoublent alors d’attention et attendent la naissance avec des biberons de lait chaud. Ils seront utilisés dans l’éventualité où la brebis n’a pas le temps d’allaiter tous ses petits dans un court délai. « Elle a agnelé ce matin. On ne s’y attendait pas, les signes précurseurs étaient absents. Elle a eu une grosse portée de quatre agneaux et n’a malheureusement pas pu s’occuper de l’un d’eux assez vite », relatait M. Cloutier mercredi. « Heureusement, les trois autres sont en bonne santé et prennent déjà des forces », a-t-il ajouté.

Les producteurs installent des lampes chauffantes au-dessus des nouveau-nés, ce qui leur procure la chaleur nécessaire pour se faire des forces. De plus, ils les habillent de couvertures et les dorlotent dans leurs bras, de manière à les réchauffer.

Au moment même où elle en caresse un, Mme Delafontaine déclare : « Pour faire ce métier, il est important d’aimer les animaux. Un agneau nous a d’ailleurs adoptés après qu’on ait dû l’allaiter au biberon. Celle-là, elle ne se retrouvera pas à l’abattoir! »

Lorsque des précautions sont prises à temps, les agneaux ont de meilleures chances de survivre à cette étape cruciale rendue plus difficile par le froid. Ces tâches s’ajoutent à une liste déjà bien longue, ce qui démontre qu’il faut véritablement aimer les animaux pour apprécier pleinement ce métier.