Les marques laissés sur l'asphalte de l'avenue Centrale Sud par le reconstitutionniste de la Sûreté du Québec étaient bien visibles lundi avant-midi. La collision est survenue vers minuit, lundi.

Cycliste fauché à Stratford: Pierre Gosselin remis en liberté

Arrivé au palais de justice escorté et menotté, le chauffard accusé d’avoir causé la mort d’un cycliste à Stratford a retrouvé sa liberté.

Pierre Gosselin était de retour au palais de justice mercredi pour son enquête sous caution. Après avoir entendu plusieurs témoignages, dont celui de l’accusé même, la juge Hélène Fabi a ordonné sa remise en liberté pour la suite des procédures.

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Une ordonnance de non-publication empêche de révéler le contenu des témoignages.

L’homme de 57 ans de Stornoway accusé de la mort de Jocelyn Debaque devra respecter une série de conditions, dont l’interdiction de consommer de l’alcool, de se rendre dans un bar ou endroit licencié, de se trouver en dehors de son domicile de 23 h à 7 h, de quitter le Québec, en plus de payer une caution de 5000 $. Il devra bien sûr rendre son permis de conduire et ne doit en aucun cas conduire un véhicule motorisé.

Semblant nerveux tout au long de la séance qui a duré plus de deux heures, l’accusé a finalement poussé un soupir de soulagement en entendant la décision. 

Des membres de sa famille ainsi qu’un ami étaient présent dans la salle d’audience. À plusieurs reprises, Gosselin tournait son regard en leur direction. 

La procureure Me Isabelle Dorion s’opposait à la remise en liberté de l’accusé, soulignant que la conduite sous facultés affaiblies constitue « un fléau, un crime répandu et une infraction grave ».

La juge Hélène Fabi a convenu qu’il s’agissait d’une infraction sérieuse et qu’il est important de ne pas « miner la confiance du public envers le système de justice », mais estime qu’un « public bien informé de la situation de M. Gosselin ne serait pas outré qu’il soit remis en liberté ».

« Le Tribunal n’a pas de raison de penser qu’il ne respectera pas ses engagements. Il n’a aucun d’antécédent judiciaire, pas de billet d’infraction démontrant qu’il aurait une conduite tout à fait irresponsable sur les routes. C’est un individu qui a un travail et un mode de vie respectueux », a soutenu la juge Fabi.

Rappelons que Pierre Gosselin est accusé de conduite avec facultés affaiblies causant la mort d’un cycliste. L’accident est survenu vers minuit lundi sur la route 161, à la hauteur du 198 avenue Centrale Sud, dans une zone de 50 km/h. 

Gosselin roulait en direction sud lorsqu’il a happé le cycliste. Son décès a été constaté quelques heures plus tard au Centre hospitalier de Lac-Mégantic. Au moment de l’accident, Gosselin était accompagné d’une femme et d’un jeune homme dans sa camionnette.

Pierre Gosselin est représenté par Me Charles Shearson. La suite des procédures se déroulera au palais de justice de Lac-Mégantic.


+ Élan de solidarité au Marché public de Lac-Mégantic

Une belle histoire de solidarité régionale à l’égard de Chantale Gagnon est en train de s’écrire, après la mort de son mari, Jocelyn Debaque, à Stratford.

Propriétaires de la ferme maraîchère Les Jardins au pas de l’âne, M. Debaque et Mme Gagnon devaient procéder ces jours-ci à la récolte de leurs produits, représentant pratiquement une année de production. Mais l’univers complet vient de s’écrouler pour Mme Gagnon avec ce triste événement.

Des gens du Marché public de Lac-Mégantic ont pris en main les interventions pour venir en aide à Chantale Gagnon, dont son amie Audette Martin, trésorière au conseil d’administration, qui s’implique dans la planification de l’aide à lui apporter, avec un certain nombre de bénévoles qui grandit d’heure en heure.

« Chantale traversait une période sombre. Elle venait de perdre son âne principal, et son deuxième âne était seulement en formation. Son chien âgé est également décédé, sa mère qui demeure avec elle est tombée malade, et maintenant son mari, c’est le comble! », se désole Mme Martin.

« Avec Alexandre Marleau, de Rouge Tomate, un maraîcher de Saint-Ludger, nous irons chez elle demain (jeudi) pour déterminer ce qu’il y a à faire d’urgence dans ses jardins afin qu’elle ne perde pas de légumes. Nous verrons au plus pressant. Près d’une quarantaine de bénévoles devraient être présents. Nous allons établir un horaire avec une liste des choses à faire chaque jour. Ma force c’est la planification, je vais aider de cette manière! »

Les copropriétaires de la ferme maraîchère Les Jardins au pas de l’âne, Chantale Gagnon et Jocelyn Debaque, photographiées en 2016, montraient fièrement les légumes écologiques produits par leur entreprise, qui étaient destinés aux consommateurs inscrits au service de paniers de légumes.

« Samedi prochain, au Marché public de Lac-Mégantic, tous les revenus des repas que les visiteurs prendront au petit bistro que nous opérons iront à Chantale. La présidente, Anne-Josée Paradis, qui vend des tabliers, lui versera aussi ses revenus. Même chose pour Mystea Mobile, de Notre-Dame-des-Bois. Il y aura une boîte à l’entrée pour amasser des dons en argent, avec une carte à signer pour lui exprimer nos condoléances. »

Mme Martin veut s’adresser aux supermarchés locaux pour obtenir de la nourriture pour les bénévoles qui travailleront à Stratford, ces jours-ci, pour sa récolte.

D’autres initiatives en faveur de Chantale Gagnon s’annoncent également. Lyne Girard, de l’Érablière Caséal, de Milan, lui remettra elle aussi l’argent de ses ventes, comme d’autres producteurs qui ont également promis de le faire. « On invite également les gens à venir au Marché pour acheter les légumes de Chantal Gagnon, car des gens vont s’occuper de les vendre pour elle à son espace de vente », a indiqué Mme Girard.

Le président de l’UPA-Estrie, François Bourassa, dont l’organisme a été sollicité pour fournir de la main-d’œuvre pour aider Mme Gagnon, estime que « c’est la survie de l’entreprise qui est en jeu. La maturité des légumes est vite atteinte, par cette chaleur, fallait que ça bouge rapidement. Des producteurs vont mettre la main à la pâte dans les champs et au marché, samedi. Quand on peut aider, on le fait. On a seulement levé la main », a-t-il émis.