Croissance démographique en Estrie grâce à l’immigration

L’accueil d’un nombre « non négligeable d’immigrants » a permis à l’Estrie d’enregistrer une croissance démographique en 2016. Celle-ci est toutefois légèrement inférieure à celle de la population québécoise.

L’Institut de la statistique du Québec rapporte mardi les derniers chiffres sur l’augmentation de la population de la province l’année dernière.

La croissance en Estrie s’explique aussi par des gains dans ses échanges migratoires avec les autres régions du Québec. D’ailleurs, les gains interrégionaux enregistrés en 2015-2016 sont les plus élevés que la région ait connus depuis plusieurs années, rapporte l’Institut de la statistique. Le solde migratoire interrégional y est de 930 personnes en 2015-2016.

Presque tous les groupes d’âge font des gains, les plus marqués étant chez les 55-64 ans et, dans une moindre mesure, chez les 15-24 ans. Des pertes sont enregistrées chez les 25-29 ans, alors que le solde est presque nul chez les 10-14 ans.
L’Estrie arrive au 6e rang des régions d’établissement des immigrants : 2 % des immigrants admis entre 2011 et 2015 y résident en janvier 2017.

La population de la région de l’Estrie est estimée à 324 000 habitants au 1er juillet 2016. Entre 2011 et 2016, elle a crû à un taux annuel moyen de 6,5 pour mille selon les données provisoires, une croissance légèrement inférieure à celle de l’ensemble du Québec (8,2 pour mille).

Le rythme de la croissance y a ralenti par rapport à la période 2006-2011 et atteint un niveau équivalent à celui enregistré entre 2001 et 2006, note le rapport.

La population de l’Estrie est légèrement plus âgée que celle de l’ensemble du Québec. La part des 65 ans et plus (20,7 %) y est plus élevée qu’à l’échelle québécoise, tandis que celle des moins de 20 ans (20,3 %) est comparable.

Si les estimations finales le confirment, la région compterait désormais un peu plus de personnes âgées que de jeunes. L’âge médian est de 44,2 ans en 2016, un peu plus élevé qu’au Québec, précise-t-on.

La fécondité de la région est comparable à la moyenne québécoise, avec un indice synthétique de fécondité de 1,61 enfant par femme en 2016.

8,4 millions de Québécois

L’Institut de la statistique du Québec rapporte que la population de la province a augmenté de 68 500 personnes l’année dernière, à 8,4 millions d’habitants. Le taux d’accroissement annuel a été de 8,2 pour mille, ou 0,82 pour cent, ce qui a été supérieur au taux de 6 pour mille en 2015. De plus, les données des six premiers mois de 2017 montrent que l’accélération de la croissance démographique se poursuit.

L’Institut de la statistique avait observé que le rythme de la croissance avait graduellement ralenti depuis le sommet de 11 pour mille enregistré en 2009.

Le nombre de naissances est estimé à 86 400 en 2016, soit 400 de moins qu’en 2015. L’indice synthétique de fécondité s’est établi à 1,59 enfant par femme et il recule d’année en année depuis le sommet de 1,73 enregistré en 2008 et en 2009.

La fécondité au Québec est légèrement supérieure à la moyenne canadienne depuis 2006. Quant au nombre de décès, il est estimé à 63 600 en 2016, soit 800 de moins qu’en 2015, ce qui va à l’encontre de la tendance à la hausse associée au vieillissement démographique.

Le déclin du nombre de décès a un lien avec une saison grippale moins sévère que celle de l’année précédente, selon l’ISQ.

Par conséquent, la diminution du nombre de décès a fait augmenter l’espérance de vie qui a atteint l’an dernier de nouveaux sommets : 80,8 ans chez les hommes et 84,5 ans chez les femmes.

Par ailleurs, les chiffres montrent que le Québec a accueilli 53 250 immigrants en 2016, en hausse comparativement au total de 49 000 en 2015 et à celui de 50 300 en 2014. La Syrie arrive au premier rang des pays de naissance des nouveaux arrivants de 2016, suivie par la France et la Chine. Le Québec a toutefois continué à enregistrer des pertes dans ses échanges migratoires interprovinciaux en 2016 mais dans une moindre mesure que lors des trois années précédentes.

L’Institut de la statistique signale enfin que cette année, les jeunes de moins de 20 ans représentent 20,6 pour cent de la population québécoise, comparativement à 60,9 pour cent pour les personnes de 20 à 64 ans. Celles qui sont âgées de 65 ans et plus comptent pour 18,5 pour cent.
La part des personnes de 65 ans et plus est plus élevée au Québec que dans les Prairies, l’Ontario et les États-Unis mais moins grande que dans les provinces de l’Atlantique, au Japon, en Italie et en Allemagne.  — Avec La Presse Canadienne