Coventry: peu d'inquiétude à la MRC

Bien qu’elle s’intéresse de près aux activités du site d’enfouissement de Coventry au Vermont, la MRC de Memphrémagog ne croit pas que ce lieu représente un grave danger pour le lac Memphrémagog.

Coordonnatrice de projets en développement durable à la MRC de Memphrémagog, Alexandra Roy affirme qu’une très « belle collaboration » s’est créée entre l’entreprise propriétaire du site d’enfouissement, Casella, et les intervenants affectés au suivi des activités du lieu en Estrie.

Deux fois par année, Casella fournit une multitude de données à la MRC de Memphrémagog ainsi qu’à la Ville de Sherbrooke afin de permettre aux deux organisations d’être bien informées sur les activités du site d’enfouissement. La MRC et la Ville sont ainsi en mesure d’évaluer plus aisément si le lieu est en voie de devenir problématique ou pas.

« On reçoit plein de données en provenance de là-bas, indique Alexandra Roy. En plus, avec Sherbrooke et plusieurs autres organisations, on est présent au comité de vigilance mis en place pour suivre les activités à Coventry. On nous invite régulièrement à nous prononcer sur différentes questions. »

Les techniques et technologies utilisées par Casella à Coventry paraissent également rassurer Mme Roy. « Elles sont très avancées », affirme-t-elle, sans toutefois pouvoir les comparer avec celles des lieux semblables au Québec.

À ceux qui craindraient que le site d’enfouissement contamine un jour les eaux du lac Memphrémagog, la coordonnatrice de projets fait valoir qu’une « série de barrières » naturelles protègent le plan d’eau.

« Un milieu humide se trouve autour d’une partie du site d’enfouissement et il agit comme une éponge. Ensuite, si des contaminants devaient arriver dans la rivière Black, ils se retrouveraient d’abord dans la baie South avant d’aller dans le lac comme tel. Ça ferait donc quelques barrières à traverser. »

Préfet de la MRC de Memphrémagog, Jacques Demers reconnaît avoir peu d’inquiétude. Il accueille néanmoins favorablement les démarches du député fédéral Denis Paradis en vue d’obtenir une meilleure protection encore pour le lac Memphrémagog, un réservoir d’eau potable pour plus de 150 000 personnes en Estrie.

« Je trouve que ce serait important que les Américains aussi reconnaissent que ce lac est une source d’eau potable, affirme M. Demers. Si on peut avoir une meilleure protection, je ne suis pas contre. »

Denis Paradis souhaite que les États-Unis et le Canada créent une zone tampon, de part et d’autre de la frontière canado-américaine, pour éviter que des projets présentant de forts risques environnementaux aient des impacts chez leur voisin.

Au mauvais endroit

Président de l’organisme environnemental Memphrémagog conservation inc. (MCI), Robert Benoit se montre lui aussi peu préoccupé, notamment parce que les informations qu’il reçoit à l’occasion de la MRC sont encourageantes.

« Chaque fois que j’en ai parlé avec la MRC, j’ai constaté que les intervenants des deux côtés de la frontière avaient l’air de bien se comprendre et de collaborer de belle manière. Ce qu’il faut savoir aussi, c’est que les Américains ont évolué et sont beaucoup plus conscients des problèmes pouvant être engendrés par ce site depuis quelques années », souligne M. Benoit.

Cela dit, l’ex-député d’Orford soutient qu’un site d’enfouissement n’a pas sa place à proximité d’une rivière s’écoulant vers un réservoir d’eau potable. « Le lieu choisi pour son implantation à Coventry sera toujours mal accepté chez nous », estime-t-il.