Robert Benoit

Coventry: les propos de Legault déplaisent à Benoit

MAGOG — Les déclarations du premier ministre du Québec, François Legault, concernant le dossier Coventry n’ont pas plu au président de l’organisme Memphrémagog conservation inc. (MCI), Robert Benoit. Toutefois, l’ancien député d’Orford n’en tient pas rigueur au chef de l’État québécois. « D’autres premiers ministres avant lui se sont aussi déjà trompés », lance-t-il.

M. Benoit n’a pas aimé entendre M. Legault suggérer qu’aucun problème environnemental n’était lié à l’exploitation du site d’enfouissement de la compagnie New England Waste Services of Vermont, une propriété de Casella Waste Systems, à Coventry.

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« Il a été élu premier ministre du Québec il n’y a pas longtemps. On va le laisser faire ses classes. Quand on arrive à un poste comme le sien, on est bombardé de tous les bords. Mais c’est certain que la Coalition avenir Québec n’avait pas de programme en environnement. Alors on va s’organiser pour l’aider à en écrire un. Soyez sûr de ça », déclare-t-il.

À l’Assemblée nationale jeudi dernier, François Legault a également révélé qu’il avait discuté des activités du site d’enfouissement de Coventry avec le gouverneur du Vermont, Philip Scott. Ce dernier lui aurait assuré que ce dépotoir ne représentait aucun danger pour l’eau du lac Memphrémagog, qui sert de réservoir d’eau potable pour plus de 150 000 personnes en Estrie.

« M. Legault a pris pour du cash ce que le gouverneur Scott lui a dit. Pourtant, on sait que la compagnie Casella a supporté financièrement le gouverneur lors de sa dernière campagne électorale. Et puis il y a un second facteur à considérer, c’est que le Québec a de l’électricité à vendre au Vermont. Ça peut avoir teinté les discussions. »

S’il s’efforce de se montrer compréhensif, Robert Benoit prévient que le débat pourrait prendre une ampleur surprenante, advenant que Québec laisse traîner le dossier et balaie du revers de la main les inquiétudes manifestées en Estrie. « Ça risque de leur jouer sérieusement des tours », soutient-il.

La position du ministère?

Préfet de la MRC de Memphrémagog, Jacques Demers affirme pour sa part que François Legault défend essentiellement la position adoptée par le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les Changements climatiques du Québec.

« Selon le ministère de l’Environnement, il n’y a pas de problème avec le site de Coventry en ce moment. C’est ce que les analyses démontrent. Aucune signal d’alarme n’a été envoyé par Québec », souligne M. Demers.

N’empêche, le préfet de la MRC de Memphrémagog préférerait que le traitement des eaux de lixiviation provenant du dépotoir de Coventry ne soit pas effectué à Newport comme cela était encore le cas récemment.

« C’est vrai que les usines d’épuration sont souvent près des lacs et des cours d’eau au Québec. Mais on aimerait mieux que celle de Newport ne soit pas directement à côté du Memphrémagog parce que ce lac est un réservoir d’eau potable », fait valoir Jacques Demers.

M. Demers confie enfin qu’il espère obtenir plus d’informations concernant les risques de contamination du lac Memphrémagog par le dépotoir et son lixiviat au cours des prochaines semaines. « On sait qu’il y a des contaminants plus durs à détecter. Ce serait bien d’être rassurés à leur sujet. »