Coventry : Legault reste confiant

MAGOG — Comment le dossier Coventry sera-t-il traité par le gouvernement du Québec pendant les prochaines semaines? Trop tôt pour le dire. N’empêche, le premier ministre François Legault semble peu inquiet des impacts environnementaux présents ou futurs des activités au site d’enfouissement de Casella Waste Systems dans le nord du Vermont.

Lors d’un échange à l’Assemblée nationale jeudi, la députée libérale et porte-parole de l’Opposition officielle en matière d’environnement, Marie Montpetit, a voulu savoir ce que la ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les Changements climatiques du Québec, MarieChantal Chassé, avait posé comme gestes pour empêcher l’agrandissement du site d’enfouissement de Coventry.

Toutefois, elle a été surprise de constater que la première réponse à ses questions est venue du premier ministre lui-même. MarieChantal Chassé a prononcé quelques mots ensuite, mais elle est restée très évasive.

Essentiellement, François Legault a révélé qu’il avait rencontré le gouverneur du Vermont, Phil Scott, et que celui-ci l’avait assuré que le site d’enfouissement ne posait aucun risque de déversement dans l’environnement. Notons que le dépotoir en question se trouve aux abords d’une rivière coulant vers le lac Memphrémagog, source d’eau potable pour plus de 150 000 personnes en Estrie.

« Il y a un risque que, si ça atteint le Memphrémagog, ça vienne chez nous par ce magnifique lac. Donc, il m’a invité... à aller visiter les installations là-bas, aux États-Unis, pour se convaincre qu’il s’agit d’un risque zéro. J’ai quand même l’assurance là. J’ai le gouverneur qui m’assure que c’est sans risque, ce n’est tout de même pas rien », a notamment déclaré M. Legault, néanmoins informé des inquiétudes existant en Estrie.

Rappelons que l’Agency of Natural Resources a déjà dit oui au projet d’agrandissement de Casella Waste Systems à Coventry, mais la commission environnementale du district sept du Vermont n’a pas encore donné sa bénédiction à la compagnie.

Bélanger appuie son chef

Député d’Orford, Gilles Bélanger a clairement pris le parti des opposants à l’agrandissement du dépotoir de Coventry au cours des dernières semaines. Il pourrait être déçu des propos tenus par le chef de sa formation politique, la Coalition avenir Québec. Mais il se déclare plutôt solidaire de François Legault.

« Ce qu’il faut comprendre d’abord, c’est que ce dossier en est un fédéral et que la MRC de Memphrémagog fait un très bon suivi. De plus, les techniques utilisées au site d’enfouissement sont adéquates. Mais, puisqu’on veut préserver la qualité de l’eau du lac durant des décennies, on veut des informations additionnelles de la part des autorités au Vermont », explique M. Bélanger.

Le député d’Orford profite également de l’occasion pour lancer une flèche à Marie Montpetit en l’accusant de ne pas saisir les enjeux en ce qui concerne le traitement du lixiviat. « Ils ont décidé de ne plus traiter les eaux souillées du dépotoir à Newport, juste à côté du lac. C’est une bonne nouvelle. On est plusieurs à vouloir que le traitement de ce liquide se fasse directement à Coventry », note-t-il.

Dans le cadre de son intervention à Québec, Mme Montpetit a soutenu que l’arrêt du traitement du lixiviat à Newport risquait d’être « catastrophique » et qu’elle « augmentait considérablement les risques de contamination du lac ». Tout laisse pourtant croire qu’un traitement des eaux de lixiviation continuerait à se faire quelles que soient les décisions de la municipalité, située à l’extrémité sud du Memphrémagog.