« On ne voudrait pas que Newport recommence à traiter du lixiviat de Coventry un jour sans qu’on en soit avisé au préalable », fait valoir Lisette Maillé, présidente du comité consultatif en développement durable de la MRC de Memphrémagog.

Coventry : « Une partie de nos gains est fragile »

Les intervenants locaux interpellés par le dossier Coventry auront intérêt à garder l’œil ouvert au cours des prochaines années. Voilà à tout le moins ce que pense Lisette Maillé, présidente du comité consultatif en développement durable de la MRC de Memphrémagog.

« Une partie des gains qu’on a faits avec la décision des autorités du Vermont est fragile. Il faudra bien suivre l’évolution du dossier et c’est ce qu’on fera à la MRC de Memphrémagog », assure Mme Maillé.

À LIRE AUSSI: Coventry: la compagnie déjà prête à lancer les travaux

Mardi, la commission environnementale du district sept a donné le feu vers à l’agrandissement du site d’enfouissement de Coventry, auquel on ajoutera 20 hectares. Et, parallèlement, elle a signifié l’arrêt du traitement du lixiviat provenant de Coventry à l’usine d’épuration des eaux de Newport dans un délai de 90 jours. Mais l’exploitant du site d’enfouissement pourra demander que cette seconde décision soit renversée.

« On devra faire le nécessaire pour rester dans la boucle d’information liée à ce dossier. On ne voudrait pas que Newport recommence à traiter du lixiviat de Coventry un jour sans qu’on en soit avisé au préalable. Ce site d’enfouissement va continuer à nous préoccuper pendant de très nombreuses années », indique Lisette Maillé.

La MRC devra d’autant plus faire preuve de vigilance. La compagnie New England Waste Services of Vermont envisage déjà de réclamer le renversement de la décision de la commission environnementale en lien avec son lixiviat, un liquide appelé « jus de poubelle » par certains.

Pour obtenir une révision de la décision de la commission, la compagnie serait tenue de démontrer que le traitement du lixiviat à l’usine de Newport ne provoquerait pas une contamination de l’eau du lac Memphrémagog, situé tout près.

« Dans le cadre de discussions qui ont eu lieu relativement au dossier, il a été mentionné qu’il en coûterait un million $ pour améliorer les équipements de l’usine d’épuration à Newport, alors que la construction d’installations de traitement directement sur le site d’enfouissement représenterait un investissement de 7 M$. D’un point de vue économique, la première option est plus avantageuse pour la compagnie. »

Après la fermeture

Si tout n’est pas gagné en ce qui concerne le lixiviat du site de Coventry, Lisette Maillé est heureuse de souligner qu’un « fonds de post-post-fermeture » sera mis en place pour la sixième phase d’expansion de ce lieu d’enfouissement.

« C’est quelque chose qu’on avait gagné pour la phase cinq et on nous l’accorde à nouveau pour la prochaine. Ça veut dire que 30 ans après la fermeture du site, il y aura encore de l’argent pour limiter les impacts du lieu sur l’environnement », explique Mme Maillé.

Lisette Maillé se réjouit également que le Vermont souhaite la réalisation de suivis annuels portant sur la « cellule Nadeau », une vieille portion du dépotoir davantage susceptible de laisser échapper des contaminants.

La compagnie est par surcroît invitée à « émettre des recommandations au sujet de l’éventuel déménagement des déchets contenus dans la cellule Nadeau » vers des sections du dépotoir avec membrane étanche. Mais, de l’avis de plusieurs, une telle opération serait risquée au plan environnemental. « Le mot d’ordre habituellement, c’est de ne pas toucher à ce genre de chose », note Lisette Maillé.