Le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les Changements climatiques est demeuré très discret, au cours des derniers mois, en dépit de la controverse entourant le projet d’expansion du site d’enfouissement de Coventry et le traitement de lixiviat provenant de celui-ci à Newport.

Coventry : le Ministère se fait rassurant

Malgré les inquiétudes manifestées en Estrie, le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les Changements climatiques du Québec est satisfait des mesures prises au site d’enfouissement de Coventry et à l’usine d’épuration des eaux de Newport pour éviter le rejet de contaminants dans le lac Memphrémagog.

Le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les Changements climatiques est demeuré très discret, au cours des derniers mois, en dépit de la controverse entourant le projet d’expansion du site d’enfouissement de Coventry et le traitement de lixiviat provenant de celui-ci à Newport.

Après une demande d’entrevue formulée par La Tribune, le Ministère a toutefois accepté d’expliquer sa position relativement à ce dossier, qui mobilise plusieurs environnementalistes et intervenants municipaux en Estrie.

« C’est certain que le lac Memphrémagog est une source d’eau potable pour plus de 150 000 personnes. Et il y a des inquiétudes depuis longtemps par rapport à ce dossier. De notre côté, on suit la situation en collaboration avec l’Agency of Natural Resources, au Vermont. On est rassuré pour le moment par les données qu’on a. Notre position s’appuie sur la science », fait valoir Daniel Messier, porte-parole régional du Ministère.

M. Messier affirme que des experts du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques ont récemment examiné des données liées au site d’enfouissement de Coventry et à l’usine d’épuration de Newport. Or, ils n’ont rien découvert d’alarmant.

« Ce qui est rejeté dans le lac Memphrémagog, à l’usine de Newport, est non toxique, d’après les données qu’on a. Puis, de façon plus générale, on estime que le risque pour les prises d’eau des villes de Sherbrooke et Magog, dans ce lac, est quasiment nul », assure le porte-parole.

N’empêche, Québec recommande la mise en place de mesures préventives supplémentaires concernant l’azote et ses dérivés. « C’est une recommandation qui a été transmise à la MRC de Memphrémagog, qui participera bientôt à une audience concernant l’agrandissement du site. »

Suivi assuré

Si Daniel Messier se fait rassurant, il note néanmoins que le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les Changements climatiques demeure à l’écoute des inquiétudes des intervenants et de la population de la région estrienne.

D’ailleurs, preuve sans doute que Québec s’intéresse véritablement au dossier, il siège au comité de vigilance mis en place pour s’assurer que le site d’enfouissement de Coventry ne menace pas l’environnement.

« Ce qu’il faut savoir aussi, c’est que le Vermont fait preuve de collaboration dans ce dossier. On le considère comme un partenaire. En plus, il est important de mentionner que les normes en vigueur au Vermont, en ce qui a trait à l’enfouissement des déchets, sont assez avant-gardistes. Ce n’est pas si simple de leur faire des reproches », affirme M. Messier.

Quoi qu’il en soit, un groupe vermontois baptisé Don’t Undermine Memphremagog Purity demande le rejet pur et simple du projet d’expansion du dépotoir, le seul existant dans tout l’État du Vermont. Une série d’organisations locales réclament quant à elle l’arrêt du traitement du liquide toxique produit par ce lieu à Newport.