Le député d'orford Gilles Bélanger a acheminé une lettre à la commission environnementale pour lui partager certaines questions et inquiétudes.

Coventry : la région veut être entendue

MAGOG — La décision de la ville de Newport de ne plus traiter de lixiviat provenant de Coventry dans son usine d’épuration a ravi plusieurs intervenants en Estrie. Néanmoins, la MRC de Memphrémagog et la Ville de Sherbrooke entendent continuer à appliquer de la pression sur les autorités américaines afin que la satisfaction provoquée par la décision récemment annoncée ne soit pas de courte durée.

Présidente du comité de développement durable de la MRC de Memphrémagog, Lisette Maillé rencontrera le maire de Newport, Paul Monette, mardi. La question du traitement du lixiviat dans une usine d’épuration située en bordure du lac Memphrémagog sera abordée lors de la rencontre.

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« On sait quelle décision a été prise par la municipalité, mais on n’est pas sûr que ce qui a été décidé va tenir à long terme. On aimerait donc savoir quelles sont les conditions qui apparaissent au contrat et dans quelle mesure la prise de position est solide. Je ne connais pas la réponse à cette question et je serais bien contente si on était capable de me rassurer », avoue Mme Maillé.

Rappelons que l’usine d’épuration concernée rejette l’eau qu’elle traite dans le lac Memphrémagog, qui est un réservoir d’eau potable pour plus de 150 000 personnes en Estrie. Plusieurs intervenants au Québec et aux États-Unis craignent que de dangereux contaminants soient relâchés par cet équipement municipal.

Lundi, la MRC de Memphrémagog et la Ville de Sherbrooke ont par ailleurs transmis une demande d’audience conjointe dans le but d’être à nouveau entendues par la commission environnementale du district sept, au Vermont.

Cette commission environnementale joue un peu le rôle de la Commission d’audiences publiques sur l’environnement, une instance qui consulte et émet des recommandations concernant des dossiers environnementaux au Québec.

Dans leur demande d’audience, la MRC de Memphrémagog ainsi que la Ville de Sherbrooke font justement part de leurs préoccupations à l’égard de la question du traitement du lixiviat provenant du site d’enfouissement de Coventry, un liquide composé d’une multitude de produits enfouis sur place.

« La commission s’intéresse à l’acceptabilité sociale du projet d’agrandissement du site d’enfouissement de Coventry. Elle a déjà tenu une consultation en mai, mais on désire toujours avoir plus d’information et obtenir des assurances supplémentaires. En 2004, lors d’une précédente demande de la compagnie impliquée, on avait obtenu une belle collaboration de sa part », note Alexandra Roy, chargée de projet à la MRC.

Il est utile de noter que, parallèlement, les intervenants intéressés par le dossier peuvent faire des démarches dans le but d’en appeler de la décision de l’Agency of Natural Resources d’autoriser la New England Waste Services of Vermont (NEWSVT) à poursuivre ses activités à Coventry et à agrandir son dépotoir cet endroit. Il reviendra à la cour supérieure du Vermont d’entendre l’éventuel appel.

Bélanger intervient

Récemment élu député d’Orford, Gilles Bélanger a également acheminé une lettre à la commission environnementale pour lui partager certaines questions et inquiétudes, tout comme l’organisme environnemental Memphrémagog conservation inc. Tous les deux souhaitent que l’instance vermontoise approfondisse davantage le dossier avant de donner son autorisation finale.

« Je suis super inquiet, lance M. Bélanger. Je souhaiterais qu’on effectue des analyses indépendantes supplémentaires, du côté canadien de la frontière, pour voir si le site d’enfouissement pollue l’air et le lac chez nous. »

Le nouveau député d’Orford ajoute que le plan de post-fermeture des installations de NEWSVT à Coventry constitue un autre élément à considérer sérieusement. « Cette compagnie fait sûrement bien les choses, mais on doit s’assurer que la situation ne se dégradera pas soudainement une fois qu’elle aura cessé d’exploiter son lieu d’enfouissement », note-t-il.