Gilles Bélanger
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Coventry : Gilles Bélanger contrarié

Jean-François Gagnon
Jean-François Gagnon
La Tribune
MAGOG - Personne parmi la délégation québécoise présente à Newport lundi n'a voulu attaquer de front le grand patron de Casella Waste Systems, John Casella, mais ses commentaires ont néanmoins fait réagir certains intervenants de l'Estrie qui ont pris part aux discussions avec les Américains.

« M. Casella n'a pas de leçon à donner. Il compare ce qui se faisait en matière de traitement à Newport avec la situation dans de micromunicipalités situées autour du lac Memphrémagog. Pourtant, ces petites municipalités ne traitent pas de lixiviat provenant d'un site d'enfouissement comme c'était le cas à l'usine d'épuration de Newport jusqu'à récemment », lance le député d'Orford, Gilles Bélanger.

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Rappelons que le grand patron de Casella Waste Systems, l'entreprise derrière le site d'enfouissement de Coventry, a de nouveau laissé entendre, lundi, que les Québécois tiraient de la patte en matière de traitement des eaux.

M. Bélanger fait également valoir que John Casella a tort quand il s'inquiète de l'absence de normes relatives aux polyfluoroalkyles (PFAS) au Québec. « Si on rejetait de tels produits dans le Memphrémagog chez nous, ça ne se retrouverait pas du côté américain parce que l'eau et le vent les transporteraient vers la rivière Magog plutôt que les États-Unis », affirme-t-il.

Préfet de la MRC de Memphrémagog, Jacques Demers note pour sa part que la MRC de Memphrémagog ne s'oppose pas à la présence d'une usine d'épuration en bordure du lac Memphrémagog, à Newport.

« On ne leur demande pas d'arrêter le traitement de leurs eaux usées municipales. Tout ce qu'on veut, c'est qu'il n'y ait pas de lixiviat qui soit traité sur place », déclare M. Demers, lequel est bien conscient de la toxicité de ce type de liquide.

Par ailleurs, le préfet de la MRC de Memphrémagog admet qu'il a été déçu de constater que le maire de Newport lui-même, Paul Monette, n'avait pas daigné se présenter à la rencontre bilatérale tenue lundi dans sa ville. « C'est incroyable de voir qu'il n'est pas venu. »

Cela dit, Jacques Demers rappelle que l'Agence des ressources naturelles (ARN) du Vermont est celle qui aura le dernier mot dans le dossier du traitement du lixiviat à Newport. Sa grande patronne, Julie Moore, a d'ailleurs participé à la rencontre de lundi.

« On est sceptique par rapport à ce que peut nous apporter l'ARN. Par contre, pour le moment, c'est probablement notre seul chien de garde aux États-Unis », fait valoir M. Demers.

Bien qu'il soit heureux de la concertation créée au Québec dans ce dossier, le président du Memphrémagog conservation, Robert Benoit, estime que les intervenants estriens devront continuer à travailler fort s'ils souhaitent éviter qu'un jour le traitement du lixiviat reprenne à Newport. « Ça va être tough! », dit-il.