L’issue du dossier Coventry est encore incertaine.

Coventry : encourageant et préoccupant

L’issue du dossier Coventry est encore incertaine. Mais Jacques Demers paraît encouragé par le travail de la commission environnementale du district sept, qui est chargée d’étudier le projet d’agrandissement du site d’enfouissement de la compagnie Casella Waste Systems au Vermont.

« La commission environnementale a donné plus de temps que prévu aux gens pour envoyer leurs observations. Je trouve qu’elle fait preuve d’une ouverture intéressante aux commentaires dans le dossier Coventry », affirme le préfet de la MRC de Memphrémagog.

En contrepartie, Jacques Demers avoue être préoccupé par le projet de Casella Waste Systems de financer l’achat d’équipements qui permettraient d’améliorer les performances de l’usine d’épuration de la Ville de Newport. « Newport serait-elle capable de conserver son indépendance face à la compagnie dans de telles conditions? Pour ma part, ce serait la première fois que je verrais ce type de partenariat », admet-il.

Rappelons que l’usine d’épuration de Newport traite du lixiviat, un liquide hautement toxique, en provenance du site d’enfouissement de Coventry. L’équipement municipal rejette l’eau obtenue après le traitement directement dans le lac Memphrémagog.

Par ailleurs, le préfet de la MRC de Memphrémagog estime que les gouvernements provincial et fédéral devraient tous deux porter un plus grand intérêt au projet de Casella Waste Systems à Coventry.

« Il ne faut pas oublier que c’est un dossier international parce que ce projet est prévu aux États-Unis et que nous nous trouvons au Canada. Les gouvernements supérieurs chez nous ont une vraie force de négociation dans un cas semblable alors que nous, les municipalités, on peut seulement mettre une pression morale sur les autorités du Vermont. »

D’après les informations obtenues par La Tribune, le gouvernement du Québec est peu inquiet que le lac Memphrémagog, un réservoir d’eau potable pour plus de 150 000 personnes en Estrie, soit contaminé par le site d’enfouissement de Coventry. Des contaminants provenant de ce lieu pourraient néanmoins transiter par la rivière Black et aboutir dans le plan d’eau.

Député fédéral de Brome-Missisquoi, Denis Paradis a pour sa part entrepris des démarches afin d’amener le gouvernement canadien à s’impliquer davantage dans le dossier. Mais ses efforts n’ont pas semblé donner les résultats espérés jusqu’à présent.

Les moules zébrées

Le projet d’agrandissement du site d’enfouissement de Coventry n’est pas la seule menace qui pèse sur le lac Memphrémagog. L’arrivée récente dans le plan d’eau de la moule zébrée, une espèce envahissante, préoccupe en effet de nombreux acteurs du milieu.

« On retrouve au Québec plusieurs types d’espèces envahissantes. Il faut faire attention à chacune d’entre elles. C’est la meilleure stratégie à adopter. Ça peut entre autres nous aider à prolonger la vie de nos lacs, une chose souhaitée par beaucoup de monde. Dans ce cas-ci, on demande à tout le monde de bien laver leur bateau avant utilisation pour éviter les problèmes », note M. Demers.

S’il prône la prudence lorsqu’on évoque l’arrivée de la moule zébrée en Estrie, Jacques Demers laisse entendre que ce mollusque ne paraît pas en voie de causer de lourds dommages aux infrastructures présentes dans le Memphrémagog, un scénario néanmoins probable selon des observateurs. Ce plan d’eau constituerait pour le moment un environnement peu propice à la prolifération rapide de cette moule nuisible.