La commission environnementale du district sept du Vermont tiendra une audience, mardi, sur le projet d’agrandissement du site d’enfouissement de Coventry.

Coventry : Bélanger invite le Vermont à la prudence

L’heure de vérité approche pour le projet d’agrandissement de l’unique site d’enfouissement au Vermont. Conscient qu’une décision sera rendue bientôt, le député d’Orford, Gilles Bélanger, demande à la commission environnementale du district sept, au Vermont, de s’assurer que l’eau du lac Memphrémagog sera bien protégée avant de donner son aval au projet de Casella Waste Systems.

La Tribune a obtenu une lettre que le député Bélanger a récemment acheminée à la commission environnementale du district sept, qui se penche actuellement sur le projet d’agrandissement du site d’enfouissement de Coventry.

Rédigée en anglais, cette lettre invite les membres de la commission à la prudence. « Nous demandons humblement qu’aucune expansion ne soit effectuée avant qu’une évaluation plus approfondie puisse démontrer que l’écosystème du lac Memphrémagog et les citoyens ne subiront pas d’impact négatif », écrit notamment ce représentant de la Coalition avenir Québec.

Dans sa lettre, Gilles Bélanger attire l’attention sur une catégorie de contaminants dont un nombre croissant d’acteurs du dossier Coventry parlent depuis quelques mois. On les nomme les polyfluoroalkyles, ou PFAS.

« Les citoyens de chez nous se demandent si les procédés utilisés à l’usine de traitement des eaux usées de Newport sont réellement capables de retirer les produits chimiques dangereux comme les PFAS, considérant que le liquide traité est ensuite envoyé dans la rivière Clyde, qui coule vers le lac Memphrémagog », fait valoir M. Bélanger.

À ce sujet, le député d’Orford note que, selon des informations émanant du Departement of Environnemental Conservation, les « usines de traitement des eaux usées ne sont pas spécifiquement conçues pour éliminer des contaminants tels ceux de la catégorie des PFAS ».

Et Gilles Bélanger affirme même que le Département of Environnemental Conservation est conscient que des PFAS sont « rejetés dans la nature par des usines de traitement des eaux à différents endroits au Vermont ».

Une site problématique?

Par ailleurs, le député s’intéresse au site d’enfouissement lui-même, plus précisément à l’une de ses plus anciennes portions. Il laisse entendre, en s’appuyant sur un document datant de 2005, que la partie du site qui ne possède pas de membrane de protection représente un véritable risque pour le bassin versant du lac Memphrémagog.

Évidemment, afin de convaincre la commission environnementale du district sept, M. Bélanger rappelle que plus de 175 000 personnes consomment tous les jours l’eau du lac Memphrémagog au Québec. Et il note que ce plan d’eau, qui attire de nombreux touristes tous les ans, permet la pratique de plusieurs activités récréatives.

Le député d’Orford participera à une audience spéciale que tiendra la commission environnementale du district sept mardi. Différentes organisations de la région de l’Estrie ont aussi été invitées à préparer une présentation en vue de cette consultation.

La pression sur Newport s’accentue

Demeurée passive pendant plusieurs années, la population du nord du Vermont paraît de plus en plus préoccupée par l’expansion du site d’enfouissement de Coventry, lequel reçoit des centaines de tonnes de déchets tous les jours.

Le groupe Don’t Undermine Memphremagog Purity (DUMP), qui regroupe des citoyens opposés à l’agrandissement du site d’enfouissement de Coventry, a récemment fait circuler une pétition pour exiger que la Ville de Newport sonde sa population au sujet de Coventry. Plus de 260 citoyens de la municipalité ont accepté d’apposer leur signature sur celle-ci.

La pétition demande à la Ville de Newport de poser deux questions bien précises aux électeurs. La première a pour but de vérifier si les citoyens souhaitent que l’usine de traitement des eaux usées de la ville continue à traiter du lixiviat provenant de Coventry. Quant à la seconde, elle doit permettre d’établir le taux d’approbation envers le projet de Casella Waste Systems.

Selon des informations transmises par DUMP, les deux questions devraient être posées aux électeurs de Newport au début du mois de mars. Les réponses seront obtenues grâce à un scrutin en bonne et due forme.

Par ailleurs, DUMP révèle que la Ville de Derby, aussi située en bordure du lac Memphrémagog, a adopté lundi dernier une résolution par laquelle elle signifie son opposition au projet d’agrandissement du site d’enfouissement de Coventry.

Puis, mardi, les dirigeants de la Ville de Barton, une autre municipalité se trouvant à proximité de Coventry, auraient également signifié leur opposition au projet de Casella.