Félix Juneau

Coups de bâton de baseball: deux ans moins un jour pour Juneau

Reconnu coupable d’avoir asséné deux coups de bâton de baseball à un ami de sa sœur qui dérangeait chez lui à Windsor, Félix Juneau a été condamné à deux ans moins un jour de prison.

« Il faut privilégier une protection durable qui passe non seulement par la dénonciation et la dissuasion, mais aussi souvent, par la réhabilitation et la réinsertion sociale d’un jeune délinquant », a indiqué le juge Paul Dunnigan de la Cour du Québec en imposant la peine, mercredi, au palais de justice de Sherbrooke.

Les événements pour lesquels Juneau a été reconnu coupable de voies de fait graves et de voies de fait armées se sont déroulés dans la nuit du 6 novembre 2016 au logement qu’il habitait avec sa sœur sur la rue de l’Église à Windsor. Au procès qui s’est déroulé à l’automne 2017, le juge avait déterminé que la réaction de Juneau lors des événements n'était pas raisonnable écartant la légitime défense.

Lors des événements, Juneau se fait réveiller par les cris la victime et le cousin de l'accusé, bruyants et intoxiqués. Il a frappé dans sa porte pour leur dire de cesser de crier. L'accusé se rend ensuite à la cuisine avec un bâton de baseball.

Lors du procès, Félix Juneau avait affirmé que la peur et la panique avaient pris le dessus sur lui après que la victime lui ait asséné une claque au visage. Félix Juneau a donné un premier coup de bâton de baseball « comme pour envoyer une balle au champ ». Une fois la victime au sol, alors qu'elle râlait, il lui a donné un deuxième coup de bâton.

La victime dans cette affaire a subi un traumatisme crânien sévère incluant une fracture du crâne. Il a passé six semaines à l’hôpital à la suite des coups de bâtons de baseball. Il a dû réapprendre à parler et à marcher lors d’une réadaptation intensive où il rencontrait des thérapeutes trois fois par semaine. Gaucher, il a dû apprendre à écrire de la main droite et a renoncé à sa passion d’écriture et d’interprétation de musique rap parce qu’il n’est plus capable d’articuler assez vite.

Il a tenté de reprendre son travail de cuisiner, mais a dû y renoncer par un manque de dextérité évident et d’énergie. Il prévoit une réorientation de son travail. Il a commencé à subir des crises d’épilepsie post-traumatique qui l’obligent à prendre de la médication.

La victime n’exprime pas de désir de vengeance ou de rancoeur.

Lors des observations sur la peine, Juneau a qualifié son geste honteux et inacceptable. Il se dit affecté par les gestes qu’il a commis. Il reconnait sa grave erreur de jugement.

Le rapport présentenciel indique qu’il a une peur évidente des gens intoxiqués. Félix Juneau ne présente pas de comportement structurel ancré. L’épisode de violence a été causé par un manque de gestion de ses émotions.

Félix Juneau est détenu depuis les observations sur la peine. Depuis le début des procédures, ses parents et ses proches le soutiennent au palais de justice de Sherbrooke.

Comme facteurs atténuants, le tribunal a considéré le jeune âge de l’accusé, l’expression de remords et de regrets, sa collaboration au rapport présentenciel, le respect des conditions restrictives de remise en liberté, les thérapies suivies et la perméabilité à l’intervention ainsi que le fait qu’il a contacté les services d’urgence après les gestes et qu’il est demeuré sur les lieux.

L’usage d’un bâton de baseball lors de l’agression, les conséquences pour la victime et sa vulnérabilité due à son ébriété et les possibilités de récidive ont été tenus en compte comme facteurs aggravants.

À sa sortie de prison, Félix Juneau devra respecter des conditions dans le cadre d’une probation de trois ans. Il ne pourra notamment pas communiquer avec la victime dans le dossier.

C’est Me Christian Raymond qui défendait l’accusé, alors que Me Stéphanie Landry représentait le ministère public.