Conventry: Memphrémagog veut se faire entendre

SHERBROOKE - La MRC de Memphrémagog tente de se faire entendre par l'État du Vermont, qui aimerait agrandir le site d'enfouissement Coventry, situé près du lac Memphrémagog.

Au cours de la dernière année, la MRC a réengagé un avocat avec qui elle avait fait affaire au début du millénaire. « Le but n'est pas d'engager un avocat pour poursuivre. C'est pour connaître les formalités et de s'assurer que notre point de vue est entendu », explique la présidente du comité de développement durable de la MRC Memphrémagog, Lisette Maillé.

« Il y a actuellement une commission aux États-Unis pour déterminer s'il y aura un agrandissement à Coventry, poursuit Mme Maillé. Ils sont en période de consultation. Nous, la MRC, sommes allé faire des représentations lors d'une séance publique en avril dernier. On voulait également acheminer nos préoccupations, nos recommandations et nos interrogations de manière plus formelle. Nous avons demandé au même avocat qui nous avait accompagnés lors du début du dossier en 2004 de réitérer nos craintes par rapport à différents points. »

« La commission reçoit les commentaires jusqu'au 20 juillet, continue-t-elle. Nous, on l'a fait. En même temps, on en profite pour déposer à la commission et à l'agence des ressources naturelles du Vermont. On s'assure qu'il y a bien un lien entre les deux organismes et que nous sommes pris en considération. »

Des tests plus approfondis sont demandés par la MRC. « Ce qu'on demande, c'est de faire davantage de tests sur ce qui sort de l'usine du Vermont. Depuis 2004, les méthodes ont changé. Il y a peut-être des manières différentes de faire les choses et ça nécessiterait une étude en profondeur. Une fois les analyses faites, ça pourrait être aussi convaincant pour eux », estime Mme Maillé.

Qualité de l'eau

Actuellement, les discussions vont très bien entre Coventry et la MRC. « Nous avons un statut de parti intéressé. Chaque fois qu'il y a des démarches de faites, nous sommes informés. Nous sommes sur la liste de diffusion des documents. On réitère les mêmes points. C'est difficile de les faire valoir. Ce qui nous préoccupe, c'est l'eau qui sort de l'usine de Newport. Elle va recueillir les eaux de lixiviat du site de Coventry. Ce qu'on dit, c'est que l'eau qui sort de là est traitée pour certaines choses, mais pas pour tout. On ne sait pas ce qui est rejeté dans le bassin du Memphrémagog. La difficulté, c'est que les Américains n'ont pas de prise d'eau dans le Memphrémagog, donc ce n'est pas considéré comme un bassin d'eau potable selon les lois américaines », déplore Lisette Maillé.

« On continue de dire que c'est un bassin d'eau potable pour nous. Si c'était un bassin d'eau potable chez eux, les critères seraient différents. On aimerait que ces règles s'appliquent », demande-t-elle.

L'eau du lac Memphrémagog est consommée par 175 000 personnes dans les secteurs de Memphrémagog et de Sherbrooke.