Michael Grayson

Consultation sur les zones inondables : North Hatley à l'avant-plan

SHERBROOKE - La situation vécue à North Hatley et autour du lac Massawippi a été au cœur des échanges lors de la séance de consultation concernant les zones inondables tenue jeudi soir à Sherbrooke.

L'assemblée de consultation était ouverte à tous les citoyens qui souhaitaient en savoir plus sur les intentions du gouvernement du Québec relativement à la construction en zone inondable ou qui désiraient émettre des commentaires à ce sujet. La participation a cependant été plutôt faible puisque seulement une vingtaine de citoyens ont pris part à la rencontre.

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Des représentants de trois ministères avaient été dépêchés à la rencontre de jeudi afin d'expliquer la stratégie élaborée par le gouvernement dans le but d'éventuellement limiter les impacts financiers et humains des inondations sur le territoire québécois.

Les fonctionnaires qui ont pris la parole ont rappelé qu'une « zone d'intervention spéciale », intégrant de multiples secteurs à risque d'inondation, sera créée et qu'un moratoire partiel sera imposé en ce qui a trait à la construction ou à la reconstruction en zone inondable 0-20 ans. Les territoires inondés en 2017 et 2019 sont également visés par le moratoire.

« L'Estrie a été plutôt épargnée par les inondations du printemps 2019. Mais elle n'est pas à l'abri », a notamment souligné Steve Turgeon, directeur régional du ministère des Affaires municipales et de l'Habitation du Québec, durant sa présentation.

Des préoccupations

Opposant farouche à un projet immobilier prévu au centre de North Hatley, Michael Grayson a salué les intentions du gouvernement provincial. « J'ai confiance qu'il va choisir la voie de la prudence dans sa future législation touchant aux zones inondables », a-t-il lancé.

D'après M. Grayson, les inondations observées à North Hatley, durant les dernières décennies, résultent d'une « forme d'étranglement » qu'on a fait subir à la rivière Massawippi en développant le cœur de ce village. Il juge qu'il serait difficile de faire marche arrière maintenant et laisse entendre qu'il faut simplement en prendre acte.

« Est-ce que nous sommes prêts à dédommager des gens qui habitent dans une zone présentant un risque d'inondation aux 25 ou 30 ans? De toute façon, ces portions de territoire pourraient être inondées presque deux fois plus souvent à l'avenir à cause des changements climatiques », a-t-il fait valoir.

Président de l'organisme Memphrémagog conservation, Robert Benoit, a d'ailleurs souligné que les changements climatiques se produisent à un rythme plus rapide que prévu. La transformation du climat amène son lot de phénomènes climatiques extrêmes, dont des pluies abondantes.

« Ne laissez pas les municipalités faire les cartes des zones inondables. Elles continueront à permettre des constructions dans les marais et autres milieux humides », a plaidé M. Benoit.

Opinions divergentes

Inspecteur en bâtiment à Weedon, Nicolas Blouin a quant à lui exprimé une opinion différente de celles de MM Grayson et Benoit. Il a plaidé pour qu'on continue à permettre la construction dans des secteurs occasionnellement recouverts par l'eau.

« Ce n'est pas vrai qu'on ne peut pas bâtir intelligemment en zone inondable. J'espère que le gouvernement tiendra compte du fait qu'on peut immuniser des bâtiments. Les méthodes de construction ont évolué avec les années », a en outre déclaré M. Blouin jeudi soir, lors de l'assemblée de consultation organisée par Québec.

Enfin, le citoyen François Martel a déploré qu'on empêche les riverains de cours d'eau d'ériger des murets permanents ou de remblayer des espaces lorsqu'ils habitent dans un secteur à risque d'inondation. « On se fait des petits murs en sacs de sable pour se protéger en période de crue, mais c'est à recommencer tous les ans », a-t-il dit.