Consigne : la décision de Québec bien accueillie

Le porte-parole du comité Verre-Vert, Jean Claude Thibault, accueille avec une grande fierté le plan de consigne dévoilé par le gouvernement Legault.

« Ça fait six ans qu’on est dans le dossier. On a vu trois gouvernements refuser d’agir malgré l’ampleur de la crise du recyclage », lance-t-il en soulignant que Québec a cette fois-ci décidé de « résister aux lobbys puissants qui ont réussi à endormir » les gouvernements précédents.

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Jean-Claude Thibault a du même coup salué le fait que le gouvernement a d’abord tenu compte de l’intérêt collectif, tout en se réjouissant que Québec, avec un tel projet, mise davantage sur les citoyens « que les machines ». 

Le préfet de la MRC du Val-St-François, Luc Cayer, estime qu’il s’agit d’un pas dans la bonne direction qui ne règle pas tout ». Il s’interroge cependant sur la complexité de l’initiative. « C’est une décision cosmétique. Ça va faire taire les environnementalistes, mais ça ne règle pas tous les problèmes. On envoie la responsabilité aux industries. J’ai hâte de voir le contrôle qui va se faire », dit-il en faisant notamment allusion au fait que des centres de dépôt seront créés par le privé.

M. Thibault reconnaît que l’opération s’annonce complexe, mais croit qu’il faut laisser la chance aux coureurs et dit avoir confiance.

Il souhaite toutefois, pour « être vraiment content », que les dispositions réglementaires concernant l’application de la consigne soient adoptées avant les prochaines élections, prévues le 3 octobre 2022. « Sinon, ce serait un coup d’épée dans l’eau. Il faut absolument que ces dispositions soient adoptées avant les élections. »

M. Cayer, qui est aussi maire de Stoke, verrait aussi d’un bon oeil que le parti au pouvoir donne un coup de pouce financier aux municipalités ou aux MRC qui ont déjà mis en place des mesures qui fonctionnent, comme c’est le cas avec la collecte volontaire de verre dans la MRC du Val-St-François.

Jean-Claude Thibault croit que les points de collecte déjà implantés sont là pour rester. Le souhait du comité est qu’il n’y ait plus de verre dans le bac bleu, puisque le verre est souvent contaminé par les autres matières. Environ 54 municipalités au Québec comptent des dépôts de verre volontaire. « Il faut que 100 % du verre sorte du bac », note M. Thibault. 

Le porte-parole du comité partage aussi le point de vue de Luc Cayer sur l’aide aux initiatives déjà en place, qu’il voit comme un complément. « Actuellement, ce sont des petites municipalités et des MRC qui ont eu du courage. Il faut leur lever notre chapeau », note-t-il en soulignant que la MRC a injecté 60 000 $ pour l’acquisition des conteneurs de verre.

Rappelons qu’à la suite du succès du point de dépôt volontaire mis en place à Saint-Denis-de-Brompton, la MRC du Val-St-François a fait l’acquisition de six conteneurs. Les points de dépôt ont été installés dans six de ses 18 municipalités afin de détourner les bouteilles de vin et les autres contenants de verre de type alimentaire du bac de recyclage. La mesure connaît beaucoup de succès.

Par ailleurs, Jean-Claude Thibault indique qu’éventuellement, des contenants de collecte volontaire pourraient aussi servir à la consigne du verre, grâce à la technologie. Il s’agit pour le moment d’une hypothèse de travail discutée avec une entreprise. « C’est un projet pour 2024 », précise-t-il.