À l’issue d’une saga sociale et judiciaire d’une durée d’un an, la municipalité de Compton a procédé à la démolition du bâtiment centenaire abritant son hôtel de ville, pavant la voie à la construction d’une nouvelle structure au cœur du village.

Compton: l’hôtel de ville enfin démoli

COMPTON – La démolition de l’hôtel de ville de Compton s’est finalement réalisée tôt en matinée mercredi, mettant fin à une saga qui a fait couler beaucoup d’encre. Une firme indépendante a été engagée par la municipalité pour surveiller les travaux de démolition suite à ce que des tests menés la semaine passée aient révélé la présence de moins d’un pour cent d’amiante dans les fondations d’origine.

Le 7 juillet dernier, la municipalité de Compton entreprenait le processus de se doter d’un nouvel hôtel de ville. Le bâtiment centenaire remplissant ces fonctions depuis belle lurette avait été jugé dangereux par une firme d’entrepreneurs et n’était pas adapté aux personnes à mobilité réduite, ce qui a poussé le conseil municipal à prendre les grands moyens. La construction d’un nouvel hôtel de ville, abritant les locaux de la poste et des Caisses Desjardins, a été annoncée à l’automne. Le projet total s’élève à une valeur de 4M$.

Immédiatement après cette annonce, une bataille judiciaire d’ampleur s’est rapidement dessinée. Le groupe Action citoyen, mené par Denis Loubier, a tout fait en son pouvoir pour tenter d’éviter et retarder la démolition, allant jusqu’à amener leur cause devant la Cour suprême du Québec.

Le verdict a finalement été remis en faveur de la municipalité et après avoir dû composer avec une plainte de dernière minute la semaine dernière, la démolition du bâtiment central de Compton s’est fait de 5h30 à 6h30 par la firme Construction Longer, sous la supervision d’une firme indépendante pour éviter que des débris d’amiante soient dégagés dans l’air. Les travaux ont été effectués en matinée pour éviter d’entraver à la circulation.

Satisfaction

Le dénouement de cette longue et pénible saga soulage le maire de Compton Bernard Vanasse, qui a passé d’innombrables heures à plancher sur le projet avec son conseil municipal et à communiquer les informations par rapport aux travaux aux citoyens de sa municipalité.

«La décision que l’on a prise l’année dernière était bien réfléchie et orientée, on a fait nos devoirs, conclut M. Vanasse au terme de cette importante étape. On savait qu’on tournait en rond avec l’ancien hôtel de ville et qu’on aurait eu à se poser des questions à nouveau dans quelques années. On a pris la meilleure décision dans l’intérêt des citoyens et on a hâte de présenter le résultat final.»

«Rares sont les chantiers sans surprise. L’important, c’est de pouvoir les régler du mieux possible et dans le meilleur intérêt des citoyens. Je suis satisfait de l’efficacité avec laquelle nos gens ont été en mesure de résoudre celle-ci», a affirmé le maire quant à la plainte de dernière minute déposée à la CNESST alléguant la présence d’amiante.

Moins de 1%

 Suite à la visite de la CNESST le 25 juin dernier, des mesures ont été prises sur-le-champ pour évaluer la situation et faire un examen plus approfondi. Une firme a été mandatée pour prélever des échantillons dans le bâtiment. Des analyses en laboratoire ont été effectuées et les résultats ont identifié qu’il y avait une présence  de  moins  de 1%  d’amiante dans un échantillon de mortier d’une  partie des fondations d’origine en pierre. 

En fonction de ces résultats et en accord avec la CNESST, la démolition a pu se poursuivre. Des mesures particulières de précaution seront mises en place pour la zone concernée. Une firme a donc aussi été mandatée pour établir une procédure visant à déconstruire et disposer des éléments de  la  zone concernée en toute  sécurité,  laquelle procédure a été approuvée  par  la CNESST. L’estimation des coûts de cette procédure n’est pas encore disponible, selon la municipalité.

«On devrait tout de même être en mesure de commencer la construction avant le début des vacances de la construction», a pour sa part affirmé Philippe De Courval, directeur général de Compton.