Outre son désir de vouloir limiter les dépenses de la municipalité, le porte-parole du collectif citoyen privilégie l’option de la réparation à cause du statut patrimonial du bâtiment qui a traversé les époques et de l’empreinte écologique associé à une démolition et une reconstruction.

Compton: Action Citoyen présente un scénario moins cher

Le collectif citoyen mené par Denis Loubier a présenté sa contre-expertise du bâtiment de l’hôtel de ville de Compton lundi, révélant les mêmes faiblesses de structure que dans l’expertise initiale de la municipalité, tout en suggérant que les coûts liés à la réparation seraient moindres selon la leur. Le rapport stipule que le bâtiment peut être sauvé.

La contre-expertise, réalisée par la firme Shellex et Mario Inkel Construction en décembre, prévoit 363 866 $ pour les travaux de réfection, une baisse de 91 000 $ comparativement à la première expertise réalisée par SMi pour la municipalité. 

Tout en admettant que les défauts structuraux constatés ainsi que les recommandations faites par SMi soient raisonnables et que des travaux d’entretien récurrents devront être faits pour permettre l’usage du bâtiment, la lettre-rapport indique que le bâtiment peut être sauvé.

« Quand on constate à la lumière de notre expertise qu’on peut réparer l’hôtel de ville pour 363 866 $, le bâtiment n’est pas si mal en point que ça. On peut s’en tirer pour pas mal moins cher qu’à 3 M$ si on reconstruit, a déclaré le meneur du groupe. C’est une décision qui mérite d’être bien réfléchie. » 

C’est cette approche qui pousse M. Loubier à tenter d’obtenir une injonction permanente de la Cour pour retarder indéfiniment la démolition du bâtiment centenaire. 

« La prochaine étape pour nous sera d’aller en Cour pour voir si on peut rendre permanente notre demande d’injonction temporaire, admet-il sans détour. Si le juge nous donne raison, il n’y a rien qui va se passer du côté de l’hôtel de ville de Compton. » 

Outre son désir de vouloir limiter les dépenses de la municipalité, le porte-parole du collectif citoyen privilégie l’option de la réparation à cause du statut patrimonial du bâtiment qui a traversé les époques et de l’empreinte écologique associé à une démolition et une reconstruction.

« On a une approche particulière face à notre patrimoine au Québec. Des bâtiments de 400 ans, on n’en a pas beaucoup parce qu’on a de la misère à les rendre à 100 ans. Et quand ils s’y rendent, on décide de les démolir », a remarqué M. Loubier. 

« Deuxièmement, il y a un coût environnemental relié à la démolition et à la construction d’un bâtiment, poursuit-il. Les gens sont bien sensibilisés ces temps-ci au niveau de l’environnement, mais on ne pense pas aux gaz à effets de serre qui vont être dégagés. Pour la démolition et la construction d’un bâtiment de 10 000 pieds carrés, c’est l’équivalent d’ajouter 115 000 voitures sur la route pour une année, selon mes recherches et mes calculs. C’est estomaquant, on n’avait jamais pensé à cela. » 

Le directeur général de la municipalité Philippe De Courval et le maire Bernard Vanasse veulent prendre le temps d’analyser le rapport en profondeur avant d’émettre des déclarations publiques, eux qui trouvent à première vue que cette contre-expertise valide leurs conclusions et leurs recommandations.