Des travaux d’abattage d’arbres sont en cours depuis une semaine sur le terrain de l’ancienne école des Arbrisseaux de Compton, et ce, malgré qu’aucun permis n’ait été émis à cet effet par la Municipalité régionale de comté (MRC), comme le prévoit le règlement.
Des travaux d’abattage d’arbres sont en cours depuis une semaine sur le terrain de l’ancienne école des Arbrisseaux de Compton, et ce, malgré qu’aucun permis n’ait été émis à cet effet par la Municipalité régionale de comté (MRC), comme le prévoit le règlement.

Compton : la MRC enquêtera sur l’abattage d’arbres

Alain Goupil
Alain Goupil
La Tribune
Un inspecteur de la MRC de Coaticook se rendra à l’ancienne école des Arbrisseaux de Compton afin de faire rapport sur l’abattage d’arbres matures survenu la semaine dernière sur les terrains de ce bâtiment, situé en bordure de la route 147.

De nombreux arbres matures ont en effet été abattus ces derniers jours à cet endroit sans qu’aucun permis ne soit accordé, ce qui soulève l’indignation de nombreux résidents de Compton, y compris le maire Bernard Vanasse, qui se dit «déçu» de l’attitude du propriétaire des lieux.

La MRC informée

L’inspection des lieux fait suite à une information qu’a reçue la MRC de la part de la municipalité de Compton à l’effet qu’une coupe d’arbres matures avait eu lieu sur les terrains de l’ancienne école et ce, sans qu’aucun permis ne soit émis à cet effet.

La Municipalité régionale de comté (MRC) de Coaticook est responsable du respect des règlements entourant l’aménagement du territoire. C’est ce qui explique que c’est un représentant de la MRC qui se rendra sur place plutôt qu’un inspecteur de Compton.

À la MRC, on indique que le travail de l’inspecteur consistera à dresser un inventaire des arbres abattus par rapport à la superficie du terrain. L’analyse de la situation permettra ensuite de déterminer si la coupe contrevient à la règlementation et si un avis d’infraction doit être émis.

Fermé depuis 2012, l’ancien établissement scolaire a changé de vocation ces dernières années pour devenir un centre destiné à l’agroalimentaire. Un projet de transformation de baies d’aronia a d’ailleurs été présenté à la Municipalité de Compton au cours de la dernière année.

Concernant les travaux d’abattage, le maire Vanasse se dit consterné par l’ampleur des dommages causés à l’environnement et au boisé qui ceinture l’ancienne école des Arbrisseaux.

Il dit que la Municipalité est entrée en contact avec le propriétaire dès le début des travaux, mais sans jamais obtenir de réponses précises quant aux raisons qui l’ont amené à abattre des arbres.

«Ses réponses ne tiennent pas la route, explique le maire Vanasse. Au début, il nous a dit qu’il voulait faire de la culture. Mais tu ne peux pas faire de défrichement pour faire de la culture sans avoir un permis. Ensuite, il nous a dit que c’était pour faire un champ d’épuration. On comprend que le champ d’épuration est à refaire, mais encore là, il n’a aucun plan. Pourquoi procède-t-il à une coupe d’arbres aussi importante? On ne comprend pas», affirme le maire qui entendait saisir le conseil municipal de ce dossier dès cette semaine.

Le directeur général de Compton, Philippe De Courval, dit avoir informé la MRC de Coaticook de l’existence des travaux d’abattage afin de savoir si ceux-ci constituent une infraction aux règlements entourant l’aménagement du territoire.

«On s’est rendu sur place, on a pris des photos et on a documenté le dossier. Comme l’abattage d’arbres relève de la MRC, on veut savoir s’il y a infraction. Si, après vérification, la MRC nous dit qu’Il y a effectivement infraction, ce sera à la Municipalité de décider si elle intente une poursuite devant la cour municipale.»

Le terrain de même que l’immeuble de l’ancienne école des Arbrisseaux sont la propriété d’une compagnie à numéro, dont le principal administrateur est Réal Brochu. Ce dernier n’a pas répondu à nos demandes d’entrevue.

Le maire Vanasse indique pour sa part qu’il n’hésitera pas à intenter une poursuite contre le propriétaire du site si celui-ci s’est placé en situation d’infraction.

«C’est triste parce qu’il y avait de très beaux arbres sur ce terrain-là. Même après avoir été averti, il a continué (les travaux). Je ne sais pas pour qui il se prend, mais même si on est une petite municipalité, on va faire respecter les règlements.»

«Pour l’instant, il est trop tôt pour dire s’il y a eu infraction, indique Jean-Bernard Audet, de la MRC de Coaticook. Même s’il semble y avoir eu beaucoup d’arbres abattus, un propriétaire peut couper un certain pourcentage d’arbres par rapport à la superficie de son terrain, sans avoir besoin de permis. C’est ce qu’on va essayer de déterminer en se rendant sur place.»