Les blocs opératoires des deux hôpitaux du CHUS sont utilisés pour les chirurgies spécialisées et surspécialisées, comme les chirurgies thoraciques et les neurochirurgies.

CIUSSS de l’Estrie : aucune chirurgie oncologique hors délai dès le 15 décembre

EXCLUSIF / Des médecins spécialistes du CHUS qui vont opérer à l’Hôpital de Magog ou à celui de Lac-Mégantic. Des patients sherbrookois invités à subir une chirurgie dans l’une de ces deux villes. Voilà des réalités que l’on peut maintenant vivre au sein du grand CIUSSS de l’Estrie-CHUS. Grâce à une meilleure utilisation des six blocs opératoires, la direction du CIUSSS vise à n’avoir aucun patient « hors délai » au 15 décembre pour toutes les chirurgies oncologiques.

« Les cibles ministérielles varient en fonction du type d’opération. Autour de 90 % des chirurgies oncologiques, par exemple, doivent être faites à l’intérieur de la cible de 28 jours », soutient André Lortie, directeur adjoint des services professionnels au CIUSSS de l’Estrie-CHUS et responsable de l’accessibilité.

« Nous opérons 45 000 patients par année (oncologique et élective), et nous en avons 150 hors délai (au 26 novembre) », ajoute-t-il.

Pour en arriver à diminuer les listes d’attente, certains chirurgiens ont dû accepter de changer de blocs opératoires et certains patients ont dû accepter de faire davantage de route pour se rendre à l’hôpital.

« La base de tout ça, c’est la qualité des soins et d’offrir une meilleure accessibilité », spécifie André Lortie.

Blocs opératoires spécialisés au CHUS

Le CIUSSS de l’Estrie compte six blocs opératoires, c’est-à-dire les deux du CHUS à Sherbrooke (Hôpital Fleurimont et Hôtel-Dieu) et ceux des hôpitaux de Magog, Lac-Mégantic, Cowansville et Granby. Ces six blocs opératoires comptent en tout 32 salles d’opération.

Les blocs opératoires des deux hôpitaux du CHUS sont utilisés pour les chirurgies spécialisées et surspécialisées, comme les chirurgies thoraciques et les neurochirurgies.

« Ces chirurgies nécessitent des équipements spécialisés qu’on ne peut pas avoir dans tous les hôpitaux, et les chirurgies nécessitent aussi d’autres plateaux techniques qu’on ne retrouve pas dans tous les hôpitaux, comme les soins intensifs », explique M. Lortie.

Certaines chirurgies ne se font que dans un établissement, comme les chirurgies bariatriques qui sont effectuées à l’Hôtel-Dieu « afin de maintenir l’expertise des équipes », qui doivent faire un certain nombre de chirurgies chaque année pour être compétents pour la faire.

Il y a aussi un nombre accru de cancers, et les chirurgies oncologiques se sont multipliées ces dernières années. Ces chirurgies se font également dans les deux hôpitaux du CHUS.

En conséquence, les blocs opératoires de Sherbrooke se trouvent très occupés. Les Sherbrookois risquent donc d’être en attente plus longtemps pour des chirurgies mineures.

« Nous offrons des deuxièmes offres aux patients de Sherbrooke afin de maximiser l’utilisation de tous nos plateaux techniques. Un patient de Sherbrooke peut se voir offrir une chirurgie à l’Hôpital de Magog par exemple. Il y a aussi des offres pour Lac-Mégantic, mais comme c’est à 100 km de distance, les gens acceptent moins souvent », soutient le directeur adjoint.

Objectif : 15 décembre

Il n’y a pas que les patients qui se déplacent. Les chirurgiens aussi.

« C’est devenu de plus en plus courant que les médecins spécialistes se déplacent. Des ORL peuvent aller faire des chirurgies à l’Hôpital de Magog, par exemple », précise André Lortie.

De plus, toutes les procédures sont étudiées et celles qui peuvent être délocalisées à l’extérieur d’une salle d’opération le sont. Un exemple? « Les chirurgies pour les tunnels carpiens se font dans des salles de procédures », soutient M. Lortie.

Les interventions en dermatologie sont d’autres bons exemples. « Plusieurs d’entre elles peuvent se faire dans des salles de cliniques externes spécialisées », ajoute André Lortie.

Toutes ces mesures et cette gestion rigoureuse des salles d’opération ont un impact sur les listes d’attente du côté oncologique.

« Les listes d’attente réduisent progressivement. Notre objectif est d’arriver à n’avoir aucun patient hors délai le 15 décembre pour les chirurgies oncologiques », réitère André Lortie.