Pour la directrice des ressources humaines, des communications et des affaires juridiques au CIUSSS de l’Estrie-CHUS, Josée Paquettre, le temps supplémentaire obligatoire est une solution de dernier recours.

CIUSSS : cinq employés sont finalement restés au travail lundi

Cinq employés de l’équipe de soins ont été contraints à faire du « temps supplémentaire obligatoire » (TSO) lundi, malgré le moyen de pression qui consistait à le refuser. Cependant, ceux-ci n’ont pas fait de quarts complets, selon la direction du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

La directrice des ressources humaines, des communications et des affaires juridiques au CIUSSS de l’Estrie-CHUS, Josée Paquette, rappelle que les heures supplémentaires obligatoires ne sont jamais prévues. « Ces cinq personnes se sont réparti l’équivalent d’un peu plus de trois quarts de travail, car on s’est assurés de bien équilibrer nos besoins. On ne planifie jamais du temps supplémentaire obligatoire. On essaie de trouver différentes solutions », dit-elle, ajoutant que ce lundi, une trentaine d’employés se sont absentés à la dernière minute.

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Habituellement pour la même journée, une quarantaine de personnes s’absentent.

« On a des gens extrêmement engagés qui font en sorte qu’on est en mesure de donner ces soins et services, poursuit-elle. On les comprend très bien de vouloir, avec nous, trouver des solutions pour éliminer le TSO. Plusieurs leviers pourront être mis en place dans la prochaine année, qui vont nous permettre de faire des pas intéressants. »

Selon Mme Paquette, aucune intervention n’a dû être reportée lundi.

Dernier recours

Les heures supplémentaires obligatoires sont une modalité de dernière minute, selon Mme Paquette. « On est tout à fait sur le même diapason que nos partenaires, c’est-à-dire qu’une heure supplémentaire, c’est une heure de trop. On est très conscients que pour la santé globale, pour la conciliation travail — vie personnelle de ces personnes, c’est de trop. C’est une modalité dont on doit avoir recours dans un contexte de pénurie de ressources. On y a recours en toute dernière instance, car on a franchi plusieurs étapes pour combler à l’horaire un quart de travail qui est à découvert », mentionne-t-elle.

Quelles sont les solutions utilisées avant l’obligation de poursuivre son quart de travail ? « La raison pour laquelle on recourt à du TSO, c’est pour la sécurité des soins et services. Bien avant ça, lorsqu’on a des quarts de travail à découvert, on a franchi plusieurs autres étapes pour s’assurer de l’accessibilité et de la qualité des soins et services. On demande du temps supplémentaire volontaire, on a recours à des personnes retraitées, on planifie à l’avance le temps supplémentaire pour que les gens puissent le voir, on a donné des garanties de travail à nos gens qui le veulent à temps complet pour faciliter l’attraction, bref, on prend différentes mesures. »

La réorganisation de travail est également souvent utilisée. « S’il nous manque un titre d’emploi comme une infirmière, avant de faire du temps supplémentaire imposé pour assurer l’accessibilité et la qualité des soins et services, on va utiliser un titre d’emploi alternatif. On va substituer le type d’emploi d’infirmière. Par exemple, on va faire entrer une infirmière auxiliaire. Bien sûr, elle ne remplace pas l’infirmière, mais elle va pallier aux soins et services de la clientèle et prêter main-forte à l’équipe de soin », explique Josée Paquette.

« On peut avoir l’impression qu’il manque une infirmière, mais il faut regarder l’ensemble de l’équipe de soin qui est composée parfois d’autres types d’emplois qu’on a substitué pour s’assurer de la qualité des soins et services, continue-t-elle. Quand on fait ça, il faut parfois réorganiser le travail pour s’assurer que ce soit idéal pour notre clientèle. On va parfois remettre un bain au lendemain, car l’équipe sera complète et ça va faciliter le travail pour les membres du personnel. »

C’est après toutes ces options qu’arrivent les heures supplémentaires obligatoires « pour des raisons de sécurité ». « Quand on voit que malgré ça, la sécurité de la clientèle hospitalisée pourrait être remise en cause, on recourt à du temps supplémentaire obligatoire pour le titre d’emploi nécessaire pour assurer les soins et services », résume Mme Paquette.