Michel Bornais, sculpteur de pierre, et Christine Audet, céramiste, tiennent un atelier-boutique dans leur demeure de la rue Principale, à Magog.

Circuit des arts Memphrémagog : Foyer d'artisans

La demeure de Michel Bornais et de Christine Audet n’est pas comme les autres. Autour d’elle cohabitent une station de coupe de pierre, un four au gaz, un véritable portfolio extérieur, et surtout, deux esprits créatifs qui ne s’arrêtent jamais. Incursion chez le couple formé du sculpteur de pierre et de la céramiste qui se cache au 21e arrêt du Circuit des arts Memphrémagog.

C’est une seconde carrière pour l’ancien chef-cuisiner Michel Bornais, qui pratique son art à temps plein depuis 2012, moment où il rejoignait Christine dans son atelier-boutique de la rue Principale, à Magog. 

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Ses sculptures de jardin en pierre représentent parfois des animaux, comme des poissons et des oiseaux, parfois des figures humaines. « Je suis beaucoup inspiré par les arts rupestres, les formes primaires, et l’art ethnique, comme celui des Dogons, au Mali, qui sont réputés pour leurs sculptures », explique l’autodidacte. 

Si Mme Audet et lui puisent leur inspiration dans les autres cultures, notamment en découvrant une nouvelle facette du globe chaque hiver, celui-ci met la région bien en valeur par les matériaux qu’il travaille. 

« J’utilise beaucoup de granit de Stanstead, mais aussi une pierre caractéristique des marais asséchés et qu’on retrouve dans les environs. Je l’ai baptisée la pierre bleue du marais d’Orford. Elle n’a l’air de rien au début, parce qu’une croute de boue masque la vraie pierre. Elle est vraiment extraordinaire », partage le sculpteur à propos de ce matériau aux allures sombres et aux couches imprévisibles. 

Il complète ensuite ses œuvres avec diverses pièces de métal recyclées, comme des manches de ciseaux, des lames de scie ou des dents de fourchette. « Je récupère tout. Je vais chercher beaucoup de pièces post-industrielles », affirme-t-il. 

Téméraire, il ne fait jamais de plans pour ses œuvres. « J’y vais toujours en taille directe. Je vois une forme dans la pierre et j’y vais. C’est ça qui est magique, de mettre la pierre en valeur. À mesure que tu la polis et que tu la travailles, tu vois sa couleur véritable apparaître. Ensuite, les gens mettent mes sculptures dans leur jardin et ça reste là, ça dure. Ça peut se transmettre de génération en génération. »

Michel Bornais met en valeur les pierres de la région, comme celle qu’il a baptisée la pierre bleue du marais d’Orford et qui arbore une couleur foncée aux reflets bleutés.

Céramiste

Christine Audet pratique le métier de céramiste depuis plus de trente ans. Plutôt adepte des pièces décoratives, elle s’est aussi adaptée au marché en produisant des pièces utilitaires. Spécialiste du Raku, une technique ancestrale développée par les Japonais, elle parvient à créer des œuvres aux coloris remarquablement vifs, mais qui évoque pourtant des époques anciennes.    

Ce n’est que plus récemment qu’elle a perfectionné sa technique de cuisson au gaz, grâce au four qu’elle a aménagé dans la cour. « Un de mes grands défis. J’ai mis cinq ans avant de pouvoir montrer mes pièces », partage l’artisane, qui est aussi vice-présidente de la Corporation des métiers d’arts de l’Estrie. 

L’été, elle et son conjoint gardent le fort de l’atelier-boutique sept jours sur sept, alternant création et accueil des visiteurs. « C’est un compromis qu’on a fait en s’installant sur un chemin passant. Ça nous permet de travailler un peu plus d’ici et de faire moins de salons, qui peuvent devenir assez dispendieux. » 

Ils n’ont pas encore d’œuvre commune, « mises à part peut-être mes jardinières, pour lesquelles Michel me taille des pattes en clou de chemin de fer, dit Mme Audet. Je crois que c’est plutôt dans le regard qu’on se porte assistance. Si je trouve que quelque chose cloche, il va m’aider à le trouver, et vice-versa ».

Le Circuit des arts Memphrémagog, qui propose des balades bucoliques à la rencontre des artistes dans leurs ateliers, se poursuit jusqu’au 28 juillet, de 10 h à 17 h.

Véritable portfolio extérieur, le terrain des artisans est parsemé d'œuvres.