« Nous ne sommes plus dans un contexte où l’on craint tellement la COVID que l’on empêche les gens de remplir leurs bouteilles dans les points d’eau », signale la Dre Mélissa Généreux, médecin-conseil à la Direction de la Santé publique de l’Estrie.
« Nous ne sommes plus dans un contexte où l’on craint tellement la COVID que l’on empêche les gens de remplir leurs bouteilles dans les points d’eau », signale la Dre Mélissa Généreux, médecin-conseil à la Direction de la Santé publique de l’Estrie.

Chercher l’équilibre entre la COVID et la canicule

Sherbrooke — Une deuxième semaine de canicule en voie de s’installer sur le Québec. Dès mardi, le mercure grimpera à 26 degrés Celsius dans le jour avant de culminer à 32 degrés vendredi. La direction de la Santé publique s’y prépare afin de donner des recommandations d’un juste équilibre entre « les précautions liées à la COVID » et les « dangers de la chaleur ».

Cette seconde vague de chaleur est là pour rester. À compter de lundi prochain, le mercure descendra autour de 25 degrés Celsius... pour toute une semaine encore.

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Par exemple, on conseillera aux personnes âgées qui souffrent de la chaleur dans leur logement non climatisé d’aller passer quelques heures dans un centre commercial climatisé. Il s’agit d’une recommandation habituelle, qui sera maintenue dans ce contexte de situation stable en Estrie.

« Dans un centre commercial, il y a de l’espace, c’est possible de respecter le 2 mètres de distance. On peut s’y trouver de façon sécuritaire. Et c’est un endroit climatisé! Entre mourir de la chaleur et mourir de la COVID, le risque de mourir de la chaleur en restant chez soi est plus élevé en ce moment », indique la Dre Mélissa Généreux, médecin-conseil à la direction de la Santé publique de l’Estrie.

Rappelons que la semaine de canicule qui s’était amorcée le 25 mai s’est écrite dans l’histoire comme l’un des épisodes de chaleur accablante arrivés le plus tôt et le plus brutalement dans l’histoire québécoise. Plongée dans le délicat épisode de déconfinement et alors que la situation n’était toujours pas stabilisée à Montréal, la Santé publique nationale n’était pas prête à donner des directives pour tous, dans toutes les régions.

Comme la situation était beaucoup plus stable en Estrie, il avait été plus facile ici pour la Santé publique de l’Estrie de donner des indications pour aider les CHSLD et les commissions scolaires à faire face à ce premier épisode de chaleur accablante.


« Dans les écoles, l’utilisation des vestiaires n’est pas vraiment conseillée. »
Dre Mélissa Généreux

La Santé publique avait notamment permis aux écoles de rouvrir leurs fontaines d’eau pour que les enfants boivent suffisamment et d’installer des ventilateurs dans les classes en suivant quelques recommandations pour limiter les risques de propagation des goulettes de salive qui peuvent transmettre la COVID-19.

« Nous ne sommes plus dans un contexte où l’on craint tellement la COVID que l’on empêche les gens de remplir leurs bouteilles dans les points d’eau », ajoute Dre Généreux.

Cette semaine, la direction de la Santé publique est aussi en train de former tous les moniteurs des camps de jour à faire une bonne évaluation des risques reliés à la chaleur.

« Dans les écoles, l’utilisation des vestiaires n’est pas vraiment conseillée. Alors si on ne peut pas se changer, on ne peut pas aller à la piscine. Est-on aussi dans un mode où on veut à tout prix éviter l’autobus pour se rendre à l’endroit où il y a une piscine? Il faut trouver l’équilibre. Alors on parle des alternatives, des jeux d’eau par exemple. Même si ce n’est pas une canicule, une journée de chaleur peut être très incommandante pour des enfants qui jouent toute la journée à l’extérieur », souligne la Dre Généreux.