Jean-Paul Guimond et les Frères Leroux, Gilles, Serge et Claude, espèrent que le folklore québécois continuera de se transmettre par la musique traditionnelle.

Chanter pour ne pas oublier

Les Leroux et les Guimond sont deux familles souches de la municipalité de Wotton, qui encore aujourd’hui racontent leur histoire à travers des chansons traditionnelles transmises de génération en génération.

Gilles, Serge et Claude Leroux ont grandi dans la musique traditionnelle. Si bien qu’avec leur père, ils ont commencé à jouer dans les foyers de personnes âgées avant d’être de plus en plus reconnus.

« On nous avait enregistrés à notre insu et cette cassette avait été vraiment populaire dans une radio à Québec. On l’a su deux ans après quand l’animateur nous a retrouvés! », raconte Claude.

Devant l’engouement, la fratrie et le paternel enregistreront quatre albums sous le nom de La Grande Virée (plus tard La GV) avant de cesser leurs activités. Sentant que l’aventure traditionnelle n’était pas finie, des anciens musiciens du groupe créent l’Artifaille trad, dont font partie Serge et Gilles Leroux.

« On est dans le traditionnel pur, rien d’électrique. Parfois on se demande si ça va marcher, mais quand les gens tapent des mains et frappent sur la scène, on sait que c’est bon », explique Gilles.

L’avenir du folklore

Samedi, Les Frères Leroux chantaient avec la sommité du folklore québécois, Jean-Paul Guimond, dans le cadre du Festival du Québec défricheur à Wotton. Du haut de ses 84 ans, le Wottonnais n’a rien perdu de sa verve et de sa vivacité d’esprit.

« Je connais plus d’un millier de chansons. Je ne les ai pas apprises, je les ai toujours connues parce que je suis né là-dedans. Parfois, suffit juste que j’entende un mot pour que ça parte », confie-t-il entre quelques extraits de son répertoire.

Pour les Leroux et M. Guimond, le discours est le même : la musique traditionnelle fait partie intégrante de leurs souvenirs d’enfance, de leur vie. De veillée en veillée, avec des amis ou la famille, les chansons étaient toujours présentes.

Jean-Paul Guimond craint toutefois que cette tradition folklorique meure avec « les anciens ». Les Leroux sont plus optimistes.

« Il y a un regain pour le genre. À Montréal et dans Lanaudière, il y a de plus en plus de jeunes qui s’y intéressent. Dans les écoles, les cégeps, on offre même des formations en perfectionnement de musique traditionnelle », souligne Serge.

« Le traditionnel c’est dans le cœur de nos racines. En spectacle, c’est magique, comme si on se retrouvait tous dans un salon pendant une veillée. Encore aujourd’hui, quand on écrit des chansons, on parle de la vie d’avant. Je pense qu’il y a un peu une nostalgie de la façon de vivre autrefois », pense Gilles.

La musique traditionnelle devient alors un portail vers nos traditions, nos racines et notre héritage. Une porte qu’il faut garder bien ouverte pour ne pas oublier.