Cela fait déjà deux semaines que les jeunes se chamaillent chaque midi sans le moindre incident dans la cour de l’école primaire Saint-Philippe de Windsor.

Chamaillage supervisé dans les cours d’école

L’école primaire Saint-Philippe de Windsor a délimité une zone bien spéciale dans sa cour de récréation : un endroit où les élèves peuvent se bousculer, se colletailler ou se rouler par terre, en toute sécurité et sous la supervision constante d’un intervenant.

Plusieurs recherches en témoignent, ce type de projet a beaucoup de bienfaits sur l’attention en classe et le développement de l’enfant.

« C’est pour occuper les élèves, essayer de diminuer les conflits. Ils adorent ça, ça leur permet de se défouler au même titre que le hockey ou le soccer. Ce n’est pas une idée farfelue, c’est vraiment un besoin. Déjà plusieurs écoles le font. On s’adressait plus aux garçons au départ, avec le besoin de contact physique, mais on se rend compte que plusieurs filles participent et y prennent plaisir », explique Julie Bruneau, responsable du projet et du service de garde à l’école Saint-Philippe.

Mme Bruneau a été inspirée par le cadre de référence et ses outils pédagogiques « Mieux soutenir nos garçons ». Ce sont les partenaires pour la petite enfance de la MRC des Sources qui avaient présenté ce document en 2017.

L’une des quatre pratiques gagnantes ciblées est l’accueil de manière positive des jeux de guerre et les jeux de bataille.

C’est donc avec ces outils que Mme Bruneau a préparé son activité de chamaillage. Elle a rassemblé toutes les informations nécessaires afin de présenter un projet complet à la direction, ainsi qu’aux parents d’élèves.

Supervision constante

Les règles du jeu sont strictes : pas de coups de poings ou de pied, pas de chamaillage en dehors de la zone permise et écoute immédiate de l’adulte responsable en tout temps.

« S’ils ne respectent pas les règles, il n’y a pas d’avertissement, ils ne peuvent plus jouer. On a passé dans toutes les classes pour expliquer et prendre les questions, et s’assurer qu’ils écoutent bien les règles. Il y a deux intervenantes et c’est toujours la même pour les petits et pour les grands, pour que le niveau de tolérance soit le même tout le temps », indique aussi Mme Bruneau.

Cela fait déjà deux semaines que les jeunes se chamaillent chaque midi dans la cour d’école de Windsor. Chaque jour, Mme Bruneau compte au moins 15 à 20 participants. Ils le font entre amis et aucun incident n’a été relevé.

« J’ai eu deux appels de parents sur 400 élèves, et ce n’était pas des plaintes, c’était vraiment juste des questionnements. Les parents étaient contents de voir qu’on s’intéressait à donner plus de permissions à ce niveau-là. J’ai l’impression que l’année prochaine il va y en avoir de plus en plus des zones de chamaille ».

Asbestos

En février, l’école de la Tourelle à Asbestos a mis en place le même type d’activité lors de la récréation du matin. Cette fois, l’initiative vient de la direction, qui s’est elle aussi inspirée du cadre de référence « Mieux outiller nos garçons ».

« Ça fait un bon bout de temps qu’on voulait démarrer ce projet-là. C’est en lien avec ce qui a été développé pour la petite enfance dans le secteur des Sources. Il y avait entre autres des jeux de guerre organisés. On a fait du pouce là-dessus pour faire une continuité avec le primaire », explique le directeur de l’école Danny Dupperon.

Dans les premières semaines, plus de 40 élèves se retrouvaient dans la zone pour participer au jeu. Aucun incident n’est survenu, tout s’est bien déroulé. Comme à Windsor, les explications ont été claires dès le début. pour les élèves et un adulte supervise la zone d’action en tout temps.

« On s’était bien préparés. On s’attendait à avoir des réticences ou des inquiétudes de certains parents. Au contraire, on a eu zéro parent qui a communiqué avec nous pour faire part d’inquiétudes, ç’a été plutôt des commentaires très positifs. »

M. Dupperon et Mme Bruneau insistent sur le fait de bien préparer une telle activité. Avant de mettre le tout en place, les deux équipes se sont assurées que tous les acteurs impliqués soient avisés et consultés. Les écoles prévoient également de dresser un bilan de l’activité après plusieurs semaines d’essai, afin de bien informer les parents et les employés des répercussions engendrées.