Mélanie Bergeron souhaite lancer un mouvement d’éradication du nerprun bourdaine dans la région estrienne.
Mélanie Bergeron souhaite lancer un mouvement d’éradication du nerprun bourdaine dans la région estrienne.

C’est le temps d’arracher le nerprun bourdaine

C’est le temps de l’année où il faut se mettre à l’ouvrage pour enrayer le nerprun bourdaine, une plante envahissante particulièrement présente en Estrie. Elle a un effet dévastateur sur nos forêts.

« Le nerprun bourdaine produit des fruits et les oiseaux transportent les graines. Il y a aussi les humains qui vont dans les bois et les fruits collent aux bottes. Ça fait pousser la plante partout », explique Mélanie Bergeron, agente de développement à l’Association forestière du sud du Québec.

« Le nerprun est un bien meilleur compétiteur que les plantes indigènes à tous les niveaux. Il pousse très rapidement, jusqu’à un mètre de croissance en hauteur par année. Ses feuilles sont présentes sur les branches plus longtemps que les autres plantes, ce qui favorise sa croissance et ralentit celle des autres espèces. Il peut se reproduire par ses fruits très abondants, mais aussi par ses racines. Ses semences peuvent survivre dans le sol plusieurs années. »

À l’origine, il a été introduit au Québec, notamment en Estrie, comme plante ornementale, ajoute Mme Bergeron. Il s’est si bien adapté au Québec qu’aujourd’hui, il peut croître dans tous les types d’environnement et il empêche la végétation naturelle, plantes et arbres, de pousser dans plusieurs endroits. « On le retrouve en grande quantité en Estrie et dans une moindre mesure dans les régions périphériques de l’Estrie, mais il se répand progressivement », dit-elle.

« Nous remarquons qu’il y en a beaucoup dans le secteur de l’aéroport de Sherbrooke. »

Le nerprun bourdaine pousse très rapidement, jusqu’à un mètre en hauteur par année.

C’est à ce moment-ci de l’année qu’il est préférable de l’arracher. « Si on le coupe, cela favorise la croissance de nouvelles tiges. Enfin, il est capable de vivre dans les environnements les plus divers », note Mélanie Bergeron.

« Il est plus facile de l’arracher en mai et juin. Le sol est dégelé et les racines sont moins développées que tard en saison. C’est aussi le temps avant l’apparition des fruits. Si on le coupe. Il va repousser. Comme une partie des racines demeure dans le sol, il est probable que de nouvelles tiges croissent en cours d’été ou les années suivantes. On peut alors procéder à un deuxième arrachage en fin de saison. »

Le nerprun bourdaine a une écorce gris-brun avec de petites taches linéaires blanchâtres.

Le nerprun est un arbuste, voire même un petit arbre, car il peut atteindre neuf mètres de hauteur. On le reconnaît à son écorce gris-brun avec de petites taches linéaires blanchâtres. Il possède des feuilles ovales, vertes et luisantes. Elles sont disposées en alternance sur les branches et les nervures créent des ondulations. 

Le nerprun produit de petites baies qui passeront du vert, au rouge, puis au noir. Les fruits sont visibles de juillet à septembre. Il est aussi fréquent de voir des baies à différents stades de maturation ou couleur, ce qui est une caractéristique de l’arbuste. 

Mélanie Bergeron souhaite lancer un mouvement d’éradication dans la région. « Si l’on désire réduire la quantité de nerprun en forêt, il faut le faire mourir. La seule technique ayant une efficacité reconnue par les études scientifiques est l’utilisation d’herbicides, tel le glyphosate », soutient-elle.

« Il est très important de limiter la pression des espèces envahissantes sur nos forêts. C’est pourquoi il faut éliminer le nerprun partout où il est possible de la faire, comme dans les zones résidentielles. Nous avons besoin de la collaboration de tous pour cette action. Sortons dehors seul, en famille, et arrachons le nerprun! »