Pascal Mongeau

Centres de ski : « un accident est parfois vite arrivé »

Les dirigeants des centres de ski du Québec préféreraient évidemment qu’aucun décès ne survienne jamais sur les pistes. Ils savent toutefois que, en montagne, les accidents graves ou carrément mortels sont possibles.

«Un accident est parfois vite arrivé», résume le directeur général de la station Mont Orford, Pascal Mongeau.

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M. Mongeau ne veut pas se prononcer sur les deux décès survenus à Mont-Vidéo et au mont Lac-Vert au cours des derniers jours. Mais il souligne que ce type d’événement amène habituellement son organisation à accroître sa vigilance.

«La sécurité est la priorité en tout temps. On invite constamment nos clients à être prudents sur les pistes. On discute aussi de la sécurité des gens dans nos rencontres et nos formations à l’interne. Et, quand des événements semblables ont lieu, on parle encore plus de ce sujet», explique le grand patron de la station Mont Orford.

Devenue la propriété des municipalités de la MRC de Memphrémagog en 2011, la station Mont Orford présente depuis un bilan relativement bon en ce qui concerne les accidents en montagne, selon Pascal Mongeau.

«On n’a pas de problème de gens sautant des télésièges ou en lien avec le port du casque», remarque notamment M. Mongeau, en faisant ainsi référence de manière assez précise aux deux morts tragiques à Mont-Vidéo et au mont Lac-Vert.


« Tu ne peux pas banaliser ce genre d’événement. »
Charles Desourdy

Propriétaire de Bromont, montagne d’expériences, Charles Desourdy se montre pour sa part très empathique lorsqu’on le questionne concernant les deux décès survenus sur les pentes au cours des derniers jours au Québec. «Tu ne peux pas banaliser ce genre d’événement, surtout en tant que parent, reconnaît-il d’emblée. C’est incroyable de voir que ces deux morts sont arrivées en si peu de temps.»

Cela dit, il n’a pas le sentiment que les deux morts en question sont attribuables à de mauvaises pratiques dans l’industrie du ski en province. «Je n’ai jamais vu ça, des sauts à partir d’un télésiège. Et, chez nous à la station, tout le monde porte le casque dans les parcs à neige», assure M. Desourdy.

Au sujet du port du casque en ski ou en planche à neige, le grand patron de Bromont confie d’autre part être opposé à ce qu’il devienne obligatoire pour l’ensemble des skieurs et des planchistes. «Je pense, à titre personnel, qu’il faut laisser un peu de liberté aux gens», lance-t-il.

Charles Desourdy estime enfin que les médias contribuent à sensibiliser le public aux dangers existant sur les pentes lorsqu’ils diffusent des informations relatives à des accidents en montagne. Un message d’incitation à la prudence, émis par l’Association des stations de ski du Québec, a d’ailleurs été relayé par plusieurs journaux durant les derniers jours.